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Les subventions, l’autre facette du Festival de Cannes

mardi, 22 mai, 2012 - 12:59

Parmi la petite centaine de films en compétition à Cannes, une vingtaine doivent une fière chandelle aux subventions européennes, qui permettent de produire et de réaliser bon nombre de longs métrages. En Europe et, désormais, ailleurs.

Sans les aides financières européennes, 22 films n’auraient probablement pas pu monter les célèbres marches rouge de Cannes. Ils ont pu être réalisés grâce, notamment, aux programmes européens MEDIA et Eurimages qui financent des centaines de films afin de promouvoir le cinéma.

Plan de soutien à la production, à la distribution et à la circulation des films à travers l'Europe, le programme MEDIA de l'Union européenne s’étale sur 6 ans (2007-2013). Il soutient les projets cinématographiques à hauteur de 755 millions d’euro sur toute la période.

De son côté, Eurimages alloue environ 20 millions d’euros par an. Ce fonds du Conseil de l’Europe vise à aider la coproduction, la distribution et l’exploitation d’oeuvre cinématographique européenne.

Les films européens sur les marches de Cannes

Au milieu des 90 films invités pour la 65e année du festival, une vingtaine ont reçu des aides financières d'organisations européennes. C'est ainsi que le film présenté en compétition officielle du réalisateur autrichien Michael Haneke, Amour, s'est vu attribué les aides des deux programmes MEDIA ainsi que d'Eurimages.


Amour, de Michael Haneke (bande-annonce)
par Telerama_BA

Et il en est de même pour trois autres films de la compétition officielle: V Tumane (Dans la brume) de l'Ukrainien Sergei Loznitsa, Paradies: Liebe (Paradis: amour) de l'autrichien Ulrich Seidl et Jagten (La chasse) du danois Thomas Vinterberg.

Pour 2012, MEDIA a financé 18 films présentés à Cannes et Eurimages, 9 films. En dehors de Cannes, ce sont des centaines de films qui, chaque année, bénéficient ainsi d'une aide au financement.

Quel futur pour les subventions européennes?

Néanmoins, les cinéastes européens s’inquiètent de l’avenir du 7ème art à l’heure de la crise européenne et des possibles diminutions ou suppressions de subventions en 2013. Ils n’ont pas hésité à se mobiliser en février 2011 en lançant une pétition publié sur le site de l’association des auteurs-Réalisateurs-Producteurs (ARP).

Dans la préface de la pétition, l'association de l'ARP s'adresse directement à la commission européenne qui s'occupe du programme MEDIA:

Nous déplorons que la Commission européenne, plutôt que de donner les moyens nécessaires au renouvellement du programme et de réfléchir avec les Etats membres à d’autres systèmes de financement du programme que les contributions des Etats membres (système de fiscalité additionnelle européenne), se borne à tailler dans le vif et à réduire les crédits et la spécificité du Programme MEDIA."

De grands noms ont déjà signé cette pétition. Parmi eux, les réalisateurs britanniques Ken Loach et Mike Leigh, leur homologue espagnol Pedro Almodovar, l'Autrichien, Michael Haneke, le belge Jean-Pierre Dardenne ou encore le réalisateurs français Jean-Pierre Jeunet.

Contactée par myeurop il y a près d'un an lors du lancement de la pétition, la présidente de l'association de l'ARP Florence Gastaud se dit aujourd'hui:

rassurée sur les niveaux de financement et sur l'autonomie du programme MEDIA. Mais nous resterons vigilant sur la suite des procédures".

Une ouverture vers les autres pays

Aucun problème similaire ne semble toucher Eurimages. Au contraire, les subventions ont augmenté ces dernières années. Alors qu’entre 2008 et 2010, les aides financières s’élevaient à 21 millions d’euro par an, en 2011, l’organisation a rallongé son budget annuel de 2 millions, soit un peu plus de 23 millions d'euro.

Pour l’année 2012, Eurimages s’est engagé à s’ouvrir vers des coproductions non-européenne. Son président a expliquée décembre dernier, dans le Screen Daily, que le fonds européen qu'il dirige portait

de l’intérêt au travail des pays tiers qui sont proches de l’Europe et qui ont une tradition européenne comme, par exemple, Israël, l’Argentine, le Canada et l’Afrique du Sud où il y a une même manière de voir le cinéma”.

Le financement du cinéma européen se porte ainsi plutôt bien et les subventions ne semblent pas être mis en danger par la crise. Et les aides ne sont plus exclusivement réservées aux films du Vieux continent. C'est ainsi que ce dimanche à Cannes, le réalisateur iranien Asghar Farhadi s'est vu décerné le prix Média par l'Union européenne.




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