Connexion

Syndicate content

Les mots grecs de la crise

lundi, 14 mai, 2012 - 12:30

La photographe Brenda Turnnidge s'est intéressée aux murs d'Athènes. À Paris, l'exposition "Murs...mots d'Athènes!" de cette anglo-grecque montre une autre Grèce, celle qui s'exprime dans la rue avec rage et peur de l'avenir.

C’est un peu le comble du photographe. Brenda Turnnidge a fait le choix de photographier des mots pour s'exprimer. Cette "anglaise au coeur grec" sort des sentiers battus avec ses photographies exposées à l'Institut de Recherche et d'Etudes Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO).

Pas d’image de Grecs en pleurs, d’hommes politiques ou d'autres photographies qui nous viennent habituellement de Grèce. Ce sont les mots des Athéniens qui prévalent. Les affiches, placardées sur les murs, parlent sans détour:“Fascistes”, “C’est la merde” ou “À louer” se sont multipliées dans les rues.

Brenda Turnnidge/ © Nastasia Peteuil

Au delà des mots, la peur et l’énervement

Brenda Turnnidge ne s’est pas arrêtée aux murs. Elle a également échangé avec les étudiants, notamment ceux de la faculté d’économie d'Athènes.

Ils ont peur de l’avenir. Il font tous des études, mais ils sont effrayés à l'idée de se retrouver au chômage ou de finir comme vendeur de petits pains dans la rue”.

Mais, plus que la peur, la photographe a ressenti un raz-le-bol général des Grecs. Cela a commencé par les automobilistes qui refusaient de payer les péages d’autoroute.

J’ai vu beaucoup d’affiches qui disaient ‘On ne paie pas’ ou encore ‘On ne doit rien’. Les grecs refusent de payer car ils ne peuvent plus."

Néanmoins, la photographe garde espoir, car, pour elle, les grecs savent “se réinventer”. Dans sa propre famille, beaucoup ont été alternativement bijoutiers, chômeurs, pâtissiers au cours de ces derniers mois.

"On ne paie pas"/ © Brenda Turnnidge

“Nous sommes tous grecs”

L'exposition était donc le moyen de montrer une autre Grèce. Une Grèce qui s'exprime à travers les mots en collant des affiches ou en griffonnant une phrase sur un mur.

En Septembre 2011, je me suis promenée dans les rues d’Athènes et photographiait tout ce que je voyais d’intéressant. Je voulais offrir une autre vision de la Grèce.”

Au final, la photographe pose la question à ses visiteurs: "Ne sommes-nous — ou ne serons-nous bientôt — pas tous des Grecs… ?" En référence à la droite française qui évoquait le risque de "finir comme les Grecs".

J’invite les gens à se mettre à la place des Grecs. J'ai parfois l'impression que la Grèce est devenue le bouc-émissaire de l'Europe.”


Exposition du 4 juin au 15 juin au Théâtre de la Ville.
2 place du Châtelet, Paris.




Mots clés
, , , , , , ,
Pays