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Face à Merkel, Hollande mise sur le joker italien

mercredi, 6 juin, 2012 - 11:43

François Hollande a besoin du soutien de Mario Monti face à Angela Merkel pour la convaincre de participer à la relance de la croissance. Il va, entre les deux tours des législatives, rencontrer le chef du gouvernement italien. Un allié de poids, car crédible. Preuve en est l'efficacité des réformes pour remettre l'Italie sur les rails.

Renforcer les relations bilatérales franco-italiennes, préparer le mini-sommet qui se tiendra le 22 juin à Rome entre les quatre principales économies européennes, discuter de l’Espagne, de la Syrie et des relations avec les Etats-Unis après les déclarations du président Obama. C’est pour tout cela que François Hollande rencontrera Mario Monti le 14 juin prochain à Rome.

Le président de la République française devra également rencontrer son homologue italien Giorgio Napolitano, dont l’influence n’a cessé de grandir depuis qu'il a habilement contraint Silvio Berlusconi à jeter l’éponge en décembre dernier.

Selon les Italiens, cette rencontre aurait été sollicitée par l’Elysée. Une indiscrétion corroborée par une source affirmant que pour François Hollande, la rencontre avec l’ancien commissaire européen est, en effet, essentielle.
D’abord parce que la réputation de Mario Monti sur la scène internationale est indéniable quant à sa connaissance des dossiers européens.

Et puis, parce que le président du Conseil italien est considéré comme un interlocuteur très crédible depuis qu'il a mis en œuvre les réformes indispensables au redressement économique de la péninsule.

Les "eurobonds" pour la croissance

A commencer par la lutte contre l’évasion fiscale qui a déjà fait tomber 13 milliards dans l’escarcelle de l’Etat. Puis, le rehaussement progressif de l’âge de départ en retraite. Enfin, la réforme de l’emploi pour flexibiliser le marché du travail.

Alors que la France pourrait devenir la prochaine cible des marchés, François Hollande souhaite surement rencontrer Mario Monti pour discuter de ses méthodes en matière de redressement"

Estime, pour sa part, une autre source proche du palais Chigi (la présidence du Conseil, Ndlr).

Selon Rome, le président français et le chef du gouvernement italien s'entretiendront des méthodes anti-crise, notamment des euro-obligations. Au départ, ces eurobonds avaient été présentés comme un instrument permettant de mutualiser les déficits.

Mais selon François Hollande et Mario Monti, qui en ont déjà discuté, ils devraient, au contraire, "servir au redressement qui doit garantir la croissance et la création d’emplois", comme l’a souligné Bernard Cazeneuve, le ministre des Affaires européennes, dans un entretien accordé au quotidien de Fiat, "La Stampa ".

Une "union bancaire européenne"

En ce qui concerne la question brulante des banques espagnoles, autre point inscrit dans le menu de la réunion au sommet du 14 juin prochain, l’idée de François Hollande serait de "trouver une solution à la crise bancaire espagnole sans davantage alourdir le déficit budgétaire de la quatrième économie de la zone euro", comme l'a expliqué Laurent Fabius, hier après-midi à Rome.

Le chef de la diplomatie française a aussi évoqué la création d’une "union bancaire européenne" dont la mise en place passerait à travers un système de surveillance commune.

Il faut trouver des mécanismes pour que les pays qui accomplissent les efforts nécessaires ne soient plus asphyxiés"

a affirmé Laurent Fabius. Son homologue italien Giulio Terzi a, pour sa part, confirmé que "des négociations sont actuellement en cours sur la croissance et la solidité du système financier et que le thème d’une union bancaire a été posé à Bruxelles".

Trois "présidents" face à une Chancelière

Après cette première rencontre bilatérale, François Hollande sera de retour à Rome le 22 juin prochain pour participer à un mini-sommet quadrilatéral.

L’Espagne au départ, n’avait pas été conviée à cette rencontre organisée pour permettre à Mario Monti, François Hollande et Angela Merkel, de trouver une position commune en vue du sommet européen du 28 juin sur la croissance.

Mariano Rajoy n’aurait pas apprécié d’avoir été mis à l’écart. Le camouflet ayant fait la Une des médias ibériques, Mario Monti, en fin diplomate, aurait immédiatement expédié un carton d’invitation à Madrid.

L'honneur est sauf pour le Président du gouvernement espagnol. Reste à savoir si trois présidents, de la République, du Conseil et du gouvernement, feront le poids face une Chancelière forte d'une économie en pleine forme.

François Hollande a, lui, l'avantage d'une légitimité démocratique toute récente. Ceci d'autant plus si cette légitimité a été, d'ici là, renforcée par un succès de la gauche française aux législatives.
 




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