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Le Vélib’ parisien : des cousins partout en Europe

mardi, 26 juin, 2012 - 15:31

Le Vélib' vient de fêter son cinquième anniversaire. Avec plus de 138 millions de trajets et 225 000 abonnés, les vélos parisiens en libre-service se sont imposés dans la capitale. Plusieurs systèmes cohabitent en Europe.

Chronique sur RFI - Les vélos en libre service by Myeurop

Qui s'attendait à une telle réussite ? Lancé en juillet 2007 par la société de mobilier urbain JC Decaux à la demande du maire de Paris, le Vélib' a transformé les habitudes des Parisiens. Rapide, propre, économique, le deux roues le plus populaire de France fête ses cinq ans d'existence. Bertrand Delanoë affirme être le premier surpris de ce franc succès:

Je ne m'attendais pas à ce que Vélib' devienne à ce point un phénomène de société et soit promu par ceux qui s'en servent"

Les chiffres sont en constante augmentation: 225.000 abonnés à l'année, 138 millions de trajets depuis son lancement, 31 communes limitrophes associées, un déplacement sur deux est professionnel.

Cerise sur le gâteau, selon JC Decaux, 92 % des emplois créés par le Vélib' sont des CDI.

La réussite du système Cyclocity avant tout

Le Vélib', c'est d'abord le succès d'un système mis au point pas JC Decaux et sa filiale Cyclocity.

Le concept est simple et ne date pas d'hier. En France, La Rochelle fut précurseur avec 350 "vélos jaunes" en libre-service  dès le milieu des années 70. Des bicyclettes gratuites, impruntables sur le modèle des caddies de supermarché. 

Aujourd'hui à Paris, le coût du Vélib' est amorti par des subventions publiques et les recettes générées par l'affichage publicitaire sur les deux-roues et leurs utilisations.

Ce modèle breveté par JC Decaux s'est exporté dans de nombreuses grandes villes européennes : à Bruxelles avec le Villo!, à Séville avec le Sevici, et même à Dublin avec le Dublinbike.

Les tarifs évoluent selon les villes et les réseaux, mais le concept reste le même. Dans la majorité des cas, la première demi-heure est gratuite et ne nécessite généralement pas d'abonnement annuel.

Lyon comme terrain d'essai

Plus que la lointaine expérience rochelaise, c'est la réussite du Vélov' lyonnais en 2005 qui a poussé JC Decaux à être candidat pour faire de même à Paris. 

Aujourd’hui, il existe 345 bornes à Lyon et Villeurbanne, proposant 4000 Vélo'v en libre-service, soit 5,6 stations et 66 vélos pour 10 000 habitants. En 2011, 7 millions de trajets ont été effectués à Vélov', soit une augmentation de 16 % en un an.

Malgré la réussite du Vélov' dans la capitale des Gaules, les tarifs augmentent, mais la première demi-heure d'utilisation reste gratuite.

Le concurrent Smartbike

Lancé par la société américaine Clear Channel, candidat malheureux à Paris, le système Smartbike équipe 12 villes européennes dont Anvers, Stockholm, Oslo et Milan.

A la différence du Cyclocity de JC Decaux qui ne nécessite pas obligatoirement d'être abonné, le Smartbike impose un abonnement annuel. 

Comme à Barcelone où le Bicing est surtout utilisé par les Espagnols. Pour obtenir une carte d'utilisateur, il vous faudra d'abord dépenser la somme de 44 euros par an et communiquer votre numéro de carte d'identité, pas toujours pratique lorsque l'on est que de passage.

La municipalité réfléchit à une ouverture du Bicing à la publicité et aux touristes pour tenter d'équilibrer ses coûts.

Selon le quotidien El Pais, le Bicing coûterait 18 millions d'euros chaque année, les abonnés ne le finançant qu’à hauteur de 3 millions. Un vrai gouffre pour la collectivité.

100 % gratuit à Copenhague

Introduit en 1995, le Bycyklen de Copenhague est un des premiers systèmes de vélos en libre-service à grande échelle lancé en Europe. Sa particularité: il est gratuit.

Le Bycyklen est financé par la collectivité ainsi que par les revenus de la publicité. Une fondation, la Fonden Bycyklen i København, a été créée dans le but de récolter des financements publics et privés afin de garantir la gratuité du service. La municipalité scandinave gère près de 2000 vélos disponibles dans 200 stations à travers la ville.

L'utilisateur doit déposer une pièce de 20 couronnes danoises pour détacher le vélo. Une fois le trajet terminé, il suffit de retourner le deux-roues à une borne pour récupérer la pièce de 20 DKK. Nouveauté cette année, la municipalité accepte également les pièces de 2 euros.

En un coup de fil en Allemagne

Dans plusieurs municipalités allemandes, la Deutsche Bahn (l'entreprise ferroviaire publique outre-Rhin) propose un système de vélos en libre-service unique en son genre : le "Call a bike".

A Karlsruhe, Francfort ou Stuttgart, il suffit, en effet, d'appeler un numéro de téléphone pour obtenir un code permettant de déverrouiller le vélo après s'être préalablement inscrit sur internet.

Pas besoins de bornes, les vélos sont équipés d'un verrouillage électronique. Vous avez donc seulement besoin de rentrer le code pour l'utiliser. Un jeu d'enfant.

Le coût de la location est ensuite facturé à la minute : 8 cents/min (6 cents/min pour les clients détenteurs d’une BahnCard) ou 9 euros la journée. A Stuttgart, la première demi-heure est gratuite.

Londres a, à son tour, adopté le vélo pour tous, en copiant le modèle parisien. On pourrait également citer Cordoue, Vienne, Besançon ou encore Brisbane en Australie et Toyama au Japon …

Un succés planétaire qui ne menace cependant pas la dictature urbaine de l'automobile.




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