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Les Irlandaises victimes des lobbies anti-IVG

mardi, 26 juin, 2012 - 15:43

L'avortement étant interdit dans leur pays, les Irlandaises sont contraintes d'aller se faire avorter ailleurs. Une campagne publicitaire anti-IVG a été lancée pour les en dissuader. Eurofocus sur les différentes législations réglementant l'avortement en Europe.

Une campagne publicitaire anti-avortement a été lancée en Irlande par Youth Defence, une organisation proche de l'Eglise catholique. Dans un pays où l'IVG est interdit, les affiches et spots TV visent à dissuader les Irlandaises d'aller avorter ailleurs, principalement au Royaume-Uni. En 2010, sur les 6 535 étrangères ayant interrompu leur grossesse sur le sol britannique, 4 402 étaient irlandaises. Mais, loin de les dissuader, le slogan de la campagne, "l'avortement déchire des vies, il y a toujours une meilleure solution" choque les Irlandaises, qui n'hésitent pas à vandaliser les affiches, selon le Guardian.

Carte des différentes législations sur l'avortement en Europe:

Source: eupedia.com

En Europe, seul Malte interdit strictement l'avortement, même dans le cas où la vie de la mère est en danger! Mais entre l'Irlande qui ne permet l'IVG que dans ce cas, et l'avortement sur demande jusqu'à un certain stade de la grossesse, il y a quatre grands cas de figure en Europe :

L'avortement uniquement en cas de danger mortel de la mère

C'est uniquement le cas de l'Irlande. Une loi constitutionnelle adoptée en 1983 protège la vie du fœtus, aussi bien que celle de la mère. Une Irlandaise ne peut donc avorter que si elle arrive à prouver que donner la vie lui serait mortel. Cette interdiction contraint les femmes de se faire avorter dans d'autres pays. Un contournement de la loi est inacceptable pour Youth Defence. Un lobby ultra-conservateur qui soucie comme d'une guigne du souhait des femmes.

L'avortement pour préserver la santé de la mère

C'est le système choisi par le Portugal, la PologneChypre, la Suisse, et l'Espagne. L'avortement pour toute autre raison que la mise en danger de la santé maternelle est donc formellement interdit. Une législation particulièrement stricte, quand on sait que l'âge de la majorité sexuelle en Espagne est fixé à seulement 13 ans !

L'avortement pour raisons "socio-économiques"

En Islande, Finlande et au Royaume-Uni, l'avortement n'est autorisé que pour des raisons économiques ou sociales, ou en cas de viol. Dans ce cas également, la mère a jusqu'à 12 semaines pour mettre fin à sa grossesse. Ainsi, avant même de subir l'avortement, les femmes doivent prouver leur incapacité financière à subvenir aux besoins d'un enfant.

L'avortement "sur demande"

Dans la grande majorité des pays d'Europe (en bleu sur la carte) l'avortement est autorisé lorsqu'il est pratiqué dans le cadre hospitalier ou dans des cliniques spécialisées. Jusqu'à la 12e semaine, une femme peut décider d'interrompre sa grossesse. Au-delà de cette date, le fœtus est considéré comme vivant, et l'avortement comme crime. À 12 semaines, un fœtus a déjà des ongles et des cheveux, son système nerveux fonctionne.

En France, l'avortement est légal depuis 1975 avec la loi Veil. L'IVG est dépénalisée, sous certaines conditions:

  • Volonté de la mère
  • Maladie grave et incurable
  • Autorisation d'experts

Selon l'INED, 200 000 avortements en moyenne sont pratiqués chaque année en France, dont 90 000 chez les moins de 25 ans. Par ailleurs, 40% des françaises ont déjà eu recours à l'avortement au moins une fois dans leur vie.

Avec le Royaume-Uni, la France fait ainsi partie des pays d'Europe ayant le plus recours à l'avortement. Tout comme la Suède, la Hongrie, l'Estonie et la Lettonie. De nombreuses femmes provenant de pays voisins aux législations plus strictes viennent se faire avorter dans ces pays.

L'Italie fait également partie des pays où l'avortement est légal. Mais comme en Irlande, le Movimento per la Vita (Mouvement pour la Vie) italien lutte pour "protéger la vie, de la conception jusqu'à la mort naturelle". Ce Mouvement veut, d'ici un an, collecter un million de signatures dans sept pays européens pour faire pression sur la Commission européenne.

Si il réussit à les recueillir, Bruxelles devrait théoriquement rédiger un projet de texte de loi visant à interdire l'avortement pour répondre à cette "Initiative citoyenne européenne". Si ce n'est que l'avortement n'entre pas dans les attributions de l'exécutif européen. En fait, cette démarche est surtout révélatrice de la montée des mouvements "pro-life" en Europe.




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