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Sécurité routière: les grands facteurs de la mortalité

lundi, 6 août, 2012 - 10:43

Malgré une légère augmentation des tués sur la route en juillet 2012 par rapport à l'an dernier, la France est parvenue à réduire sensiblement sa mortalité routière. En comparant deux pays similaires, la Suisse et l'Autriche, les grandes causes structurelles d'une diminition des accidents se dessinent.

Le nombre de tués sur la route en France a légèrement augmenté au mois de juillet (+ 3,6%) par rapport à juillet 2011. Une hausse qui s'explique essentiellement par les conditions très pluvieuses de l'an dernier et qui n'inverse pas la tendance lourde à la diminution du nombre de tués: sur les sept premiers mois de l'année 2012, 2059 personnes ont perdu la vie en France contre 2266 sur la même période de l'an dernier, soit une baisse de 9,1%.

Ses succès sont le résultat de plusieurs années de politiques volontaristes: campagnes de prévention, répression accrue, multiplication du nombre des radars, aménagements des zones accidentogènes…

Modèle suisse et contre-modèle autrichien

L'observation de la réalité de deux pays voisins permet de dégager les grands facteurs de réduction de la mortalité routière: l'ampleur des campagnes de prévention (concernant notamment l'alcool), la sévérité des sanctions, la qualité des infrastructures.

En effet, l’Autriche et la Suisse, pays alpins, ont des topographies et des climats proches. Des paysages montagneux, des routes sinueuses, des hivers rigoureux… Mais lorsque l’on regarde les chiffres de la sécurité routière, ils paraissent très éloignés.

Ainsi, pour un nombre d'habitants comparable (8 millions en Suisse, 8,4 millions en Autriche), la confédération helvétique n'a eu à déplorer en 2011 que 320 tués sur ses routes contre 520 en Autriche. Une différence de plus de 50%!

Des contrôles omniprésents

Alors que la Confédération fait office de modèle, tant la politique y est répressive, les contrôles omniprésents et la formation pointue, la République autrichienne n’arrive pas à atteindre, depuis de nombreuses années, son objectif de moins de cinq cents tués annuels sur la route. Et même si les chiffres de mortalité sur les routes sont en baisse, il ne fait pas bon rouler sur les routes autrichiennes.

Dans les villages autrichiens isolés, reliés par des routes de campagne qui doivent franchir des cols, les personnes âgées, de plus en plus nombreuses, sont totalement dépendantes de leur véhicule. Vienne n’a pris aucune mesure préventive. Les autorités suisses, elles, les obligent à suivre une formation pour les aider en cas d’accident grave.

Pas de péages dissuasifs

L’Autriche est aussi devenu un pays de transit depuis l’élargissement de l’Union européenne, 45 % des tués sur les autoroutes sont étrangers. Mais les projets de nouvelles voies autoroutières, voulues par Bruxelles, sont freinés par le mécontentement populaire. Car, contrairement à la Suisse, il n’y a pas, en Autriche, de péages dissuasifs ni d’interdiction de passage des gros poids lourds.

Autre problème majeur, au Tyrol, l’alcoolisme. Les campagnes de sensibilisation ne semblent pas efficaces. L’ex-leader populiste, Jörg Haider roulait à 143 km/h dans une zone limitée à 70 km/h avec un taux d’alcoolémie de 1,8 g par litre de sang lorsqu’il a perdu le contrôle de son véhicule.

La rigueur suisse veut que l’on retire le permis de conduire lorsque le taux d’alcoolémie est supérieur à 0,5 g. Elle sanctionne les automobilistes en excès de vitesse au kilomètre près. Les ­Länder autrichiens ont, eux, du mal à jouer l’harmoni­sation. Ils ne cessent de ­différer l’augmentation du niveau des sanctions pour alcoolisme et excès de vitesse. La vérité n’est pas la même selon le versant des Alpes sur lequel on se trouve.




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