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Cent millions d’Européens retournent à l’école

lundi, 3 septembre, 2012 - 16:59

C'est la rentrée scolaire en France. Mais aussi, cette semaine, en Italie et au Royaume-Uni et, la semaine prochaine, en Espagne et en Allemagne. Classes surchargées, âge de scolarisation, intégration des étrangers, carte scolaire... sur tous ces points les Européens diffèrent.

Chronique sur RFI - La rentrée by Myeurop

Douze millions d’enfants et d’adolescents de la maternelle à la terminale retrouvent demain le chemin de l'école en France. L'année scolaire débute le même jour en Italie. Mercredi, ce sera le tour du des Britanniques tandis que les écoliers espagnols ou allemands bouclent leurs cartables pour la semaine prochaine. Dans toute l'Europe, plus de cent millions d'élèves du primaire et du secondaire vont faire de même.

Question récurrente en cette période de rentrée, l'encadrement des élèves est-il suffisant et les classes risquent-elles d'être surchargées ? Ce qui est certain, c'est que la France n'est pas bien placée à cet égard.

D'après l'OCDE, si l'on considère le nombre moyen d'élèves de quinze ans dans les classes les plus surchargées, avec 35 élèves par classe pour la France, seuls le Luxembourg fait encore moins bien, avec 39 élèves, et la Hongrie, avec 36.

Beaucoup de profs n'enseignent pas…

En revanche, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne sont à 30, l'Italie à 27 et la Belgique à 26.

Cela n'a rien de surprenant puisque le taux de scolarisation est particulièrement élevé en France, les enfants et adolescents y étant plus nombreux qu'ailleurs du fait d'un taux de natalité record en Europe depuis plusieurs décennies.

Cela dit, la France est, avec un ratio de quinze élèves, dans la moyenne européenne pour le nombre moyen d'élèves par professeur dans le secondaire. Il faut donc en conclure qu'en France de très nombreux professeurs n'enseignent pas… ou que certains enseignants donnent des cours à un auditoire restreint.

Scolarisation précoce ou tardive

Une autre cause d'encombrement des classes est la précocité de la scolarisation. Ou plus précisément, de la pré-scolarisation qui se fait, en France, dans les écoles maternelles. En Allemagne, ce sont les Kindergärten – les jardins d'enfants – en Angleterre les nursery school…

C'est bien en France que l'on admet le plus tôt les enfants dans ce système pré-scolaire. A trois ans, tous les enfants y sont scolarisés et, même, en fonction des disponibilités, on y accueille 40% des enfants âgés de 2 à 3 ans. Aux Pays-Bas, moins de 35% de ces moins de 3 ans sont concernés et le chiffre tombe à 15% pour l'Allemagne.

Insertion sociale ou classe préparatoire

Au delà des chiffres, les établissements pré-scolaires n'ont pas la même fonction. Dans les pays du Nord et de l'Est de l'Europe le "jardin d'enfant" relève de la pédagogie sociale et vise principalement à favoriser l'insertion de l'enfant dans la société. C'est pourquoi, dans certains pays comme le Danemark, l'entrée à l'école primaire ne se fait qu'à sept ans parce qu'il existe, pour les enfants de six ans, une classe préparatoire au primaire.

Dans les autres pays d'Europe, et notamment en France et au Royaume-Uni, l'école maternelle vise plutôt à préparer l'enfant à rentrer à la "grande école".

Les enfants d'immigrés bien intégrés

Autre grand objectif de l'école, l'insertion dans la société. Un des défis majeurs des systèmes scolaires européens est de devoir instruire un nombre de plus en plus important d'élèves d'origine étrangère.

Cette insertion peut éventuellement poser problème dans les pays où l'immigration est récente. Ainsi, en Espagne, plus de 14% des enfants de 10-14 ans sont nés à l'étranger, en Grèce plus de 10%, en Italie plus de 7%. C'est une source de difficulté, dans le cas où les enfants ne possèdent pas la langue maternelle du pays. Ce qui, au passage, n'est pas le cas en Espagne où beaucoup d'étrangers sont latino-américains.

En France ou en Allemagne, cette proportion tombe à 4,5% et même à 3,5% pour les moins de dix ans. Et cela, alors que dans ces deux pays, la population née à l'étranger atteint 11 à 12% du total.

Cela veut dire que les enfants issus de l'immigration sont, pour la plupart, nés en France ou en Allemagne et sont donc a priori bien intégrés, notamment au niveau linguistique.

Le secteur public ultra-dominant

Cette diversité culturelle des élèves est un phénomène général en Europe et concerne tous les types d'enseignements. Faire à cet égard une distinction entre enseignement public et enseignement privé n'est pas pertinent, notamment parce que l'enseignement public représente dans tous les pays d'Europe plus de 75% du total des élèves.

Une seule exception notable, la Belgique où la moitié des élèves sont scolarisés dans des établissements en général confessionnels mais contrôlés et financés par l'Etat. Ce système d'enseignement privé sous contrat public se retrouve en Espagne, où il concerne le quart des enfants scolarisés et en France, où 20% des élèves sont accueillis dans des établissements privés dits conventionnés.

Plus de cartes scolaires rigides

Cette prédominance du public en Europe incite à se poser la question de la carte scolaire, c'est à dire de l'obligation faite aux parents d'inscrire leurs enfants dans un établissement précis déterminé à partir de la localisation du domicile.

En France, cette obligation a été considérablement assouplie par le précédent gouvernement. Désormais, le régime français se rapproche de ce qui se pratique depuis longtemps en Allemagne et dans toute l'Europe centrale: l'enfant est affecté dans un établissement proche de son domicile, mais les parents peuvent demander une offre alternative.

En Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, c'est un peu l'inverse: le choix est libre mais les autorités scolaires peuvent le refuser en cas de classes surchargées. Enfin, le choix de l'école est totalement libre en Belgique et aux Pays-Bas.
 




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