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Vincent Peillon veut faire « évoluer » le bac

lundi, 3 septembre, 2012 - 14:26

Pour les lycéens qui entrent en Terminale, c'est probablement la dernière rentrée. En juin prochain ils passent le bac. Mais la "refondation de l'école", voulue par Vincent Peillon passe par une réforme de cet examen. Un handicap pour la réforme des rythmes scolaires. En Europe, le bac reste une exception. 

Invité ce matin de France Inter, Vincent Peillon a été interrogé par une auditrice sur l'impossibilité pour de nombreux collèges et lycées de finir en 2013 l'année scolaire le 16 juillet, comme prévu officiellement. "Cette année les cours dans le lycée de mes enfants ont pris fin le 24 juin, car c'est un centre d'examen du bac".

"Vous avez de la chance, c'est même parfois le 12 juin!" a surrenchéri le ministre de l'éducation, en ajoutant qu'il "y a des évolutions à mener". Un handicap sérieux à la réforme des rythmes scolaires voulu par le ministre dans le cadre de la "refondation de l'école". Sans compter l'impossiblité pour de nombreux professeur de finir le programme, l'année étant amputée d'au moins trois semaines.

Chaque année, 600 000 candidats passent le bac dans 4 762 lycées ou collèges. Avec plus de 4000 sujets différents du fait des multiples filières, l'organisation de l'examen final des études dans le secondaire est, chaque année, un véritable casse tête. Le bac, c'est plus de 150 000 correcteurs et examinateurs, 622 322 élèves et 4 millions de copies corrigées. Quant à son coût, il avoisinerait officiellement 58 millions, mais il serait très sous-estimé, selon un rapport des inspections des finances et de l'éducation de décembre 2011. Un audit estime qu'il coûte chaque année entre "90 et 100 millions d'euros".

Cher, compliqué, engendrant des controverses à la suite de fuites sur les sujets ou de notes jugées aléatoires selon les régions et les épreuves, le bac instauré par Napoléon en 1808, a bien vieilli.

Nos voisins ont-ils pour autant de meilleures solutions pour sanctionner la fin des études secondaires? Faut-il le supprimer en s'inspirant du modèle anglo-saxon sans contrôle final des études secondaires ou, simplement mixer les résultats scolaires et les notes du baccalauréat?

Le contrôle continu fait école

En Europe, seule l’Irlande a un bac à la française, avec le Leaving Certificate à la fin des études secondaires. Il est d'autant plus important qu'à l’inverse de la France, les universités irlandaises tiennent compte des notes obtenues à cet examen final pour sélectionner les futurs étudiants.
Les Pays-Bas ont également un examen final, mais contrairement à la France et l'Irlande, il n'est pas totalement national. Les élèves doivent passer deux épreuves: une interne (School examen), qui sera notée par l'enseignant du lycée, et une externe (Centraal examen), qui sera notée par d'autres enseignants selon des critères nationaux.

Dans les autres pays, le contrôle continu fait partie du diplôme de fin d’étude secondaire. En Italie, où l’examen de l’Esame di stato ressemble au bac, les notes de l'année comptent à 20%.

On retrouve le même système au Danemark et en Norvège où les lycéens reçoivent un certificat de fin d’étude. Il mentionne à la fois les notes obtenues à l’épreuve finale et les résultats du travail de l’année ou des dernières années. En Allemagne, les élèves passent l’Abitur. Les modalités du contôle sont différentes selon les Länder. Les jeunes Allemands sont évalués en fin d'année par leurs professeurs et d’autres enseignants extérieurs.

"Test de maturité"

Mais de quoi parle-t-on? Dans une dizaine de pays, on préfère à la notion d'examen, celle de "test de maturité", sorte de certificat d'aptitude aux études supérieures, tant au niveau des notions acquises qu'au niveau du développement intellectuel.

En Pologne, à la fin du lycée est ainsi sanctionné par examen national de maturité (egzamin maturalny). En Albanie, on parle également d’examen national de maturité (Matura Shtetërore) comme en Autriche (Reifeprüfung), en Belgique (Examen de maturité), en Bulgarie (darzhavni zrelostni izpiti), en Croatie (državna matura), en Hongrie (érettségi), en Macédoine (matura), en République Tchèque (maturitní zkouška), en Slovénie (matura), en Slovaquie (maturitná skúška) et en Suisse (la maturité).

Bac européen élitiste

Mais le baccalauréat n'a pas dit son dernier mot. Il s'européanise et s'internationalise. Le baccalauréat européen (European baccalaureate) peut être obtenu après sept années d’études dans une des 14 "Écoles européennes" implantées dans sept pays différents (Belgique, Italie, Espagne, Grande Bretagne, Luxembourg, Allemagne, Pays-bas). Et il existe son pendant international, le International baccalaureate (IB).

Ces deux modèles sont loin d’être gratuits. À titre d’exemple, il en coûtera 5070 euros aux parents d’un lycéen pour l’inscrire un an à l’École européenne de Bergen. Quant à l'International baccalaureate, si vous décidez d’inscrire votre enfant à l'American school of Paris au niveau lycée, le "upper school", le montant des frais annuels s’élève à 27 500 euros. A ce prix, ce n'est alors pas seulement l'examen qui fait la sélection, mais les revenus des parents.
 




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