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En Italie, Mario Monti dans les pas de De Gaulle

lundi, 17 décembre, 2012 - 13:28

François Hollande comme Angela Merkel et les marchés financiers souhaitent que Mario Monti rempile à la tête du gouvernement italien. Face à la gauche, "Super Mario" a un atout maître: comme De Gaulle en 1958, il se veut et il est considéré comme le recours pour sauver le pays.

Depuis qu’il a annoncé sa démission après l’approbation par les deux chambres de la loi de stabilité et du budget 2013, Mario Monti, chef du gouvernement italien est sous haute pression. Les autres dirigeants européens lui demandent de rester au pouvoir. Ou pour le moins d’essayer, en participant à la compétition électorale le 17 février prochain.

En France comme en Allemagne, François Hollande et Angela Merkel ont clairement dit qu’ils souhaitaient continuer à avoir à faire à l’ancien commissaire européen. Tout comme les marchés d’ailleurs car depuis que Silvio Berlusconi a annoncé son retour sur la scène politique, l’Europe et les places financières s'inquiètent.

Tout en sachant que le Cavaliere n’a aucune chance s'il se présente d’être réélu à la présidence du Conseil, les principaux acteurs politiques et financiers craignent que son retour sous les feux de la rampe déstabilise à nouveau la péninsule. Nommé en novembre dernier au plus fort de la crise financière, le "professeur" a rassuré ses partenaires en l’espace de treize mois.

Une démission bien orchestrée

Même si les indicateurs macroéconomiques ne sont pas reluisants. Au niveau national, le taux de chômage frôle la barre des 11,1% et celle des 35% chez les jeunes. Cette année, l’endettement public représente 126,5% du PIB. Soit près de 2000 milliards d’euros !

Etranglés par une crise sans précédent, les ménages ne consomment plus. Enfin, la production industrielle a chuté de 4,2%. Mais ces mauvais résultats ne constituent pas un handicap pour l’ancien commissaire européen. De l’avis de tous au contraire, il peut redresser la péninsule sur le long terme et éviter la déstabilisation qui fait si peur à tout le monde.

"Super Mario" l’a bien compris. Annoncer sa démission un samedi 8 décembre à 22 heures, c'est-à-dire à la veille de la réouverture de la bourse de Tokyo, était surement une façon de sonner le tocsin. Reste que pour le moment, l’ancien commissaire européen n’a pas encore fait part aux Italiens, aux Européens et aux marchés de ses intentions.

La gauche de plus en plus nerveuse

Un silence qui inquiète également les principaux acteurs de la scène politique transalpine, non pas pour l'avenir de leur pays, mais pour des raisons purement électorales.

A gauche, le secrétaire général des démocrates Pierluigi Bersani qui se voyait déjà premier ministre grâce à des sondages extrêmement flatteurs (34% d’intentions de votes la semaine dernière) est nerveux. Toujours selon les sondages, une coalition placée sous la houlette de Mario Monti pourrait frôler la barre des 15%. Trop peu pour battre le candidat du centre-gauche mais suffisamment pour lui mettre des bâtons dans les roues.

La droite berlusconienne déstabilisée se désole aussi, la participation de l’ancien commissaire européen à la compétition, lui faisant comprendre que son capital sympathie estimé à 16% pourrait continuer à s’effriter.

"L'aiguille de la balance"

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Silvio Berlusconi a multiplié les appels du pied durant les derniers jours en déclarant qu’il se retirerait de la course au profit de Mario Monti si celui-ci décidait de chapeauter une coalition de modérés. Enfin les centristes appelés à se rassembler par l’industriel Luca Cordero di Montezemolo, ancien patron de Fiat et président de Ferrari, supplient chaque jour Mario Monti de se présenter aux élections.

Mario Monti pourrait être l’aiguille de la balance. Certes, il ne battra pas le parti démocrate mais il pourrait en revanche devenir un interlocuteur indispensable après le vote"

confie à Myeurop un sénateur proche de Pierluigi Bersani.

Mais la décision est difficile à prendre. Un mauvais score serait un désaveu pour l’homme et pour sa politique économique sociale et économique.

Alors que faire ? Autoriser les centristes à présenter une liste portant son nom sans pour autant se présenter directement?

"Cette solution est la meilleure et certainement la plus probable car elle lui permettrait de se présenter sans se présenter" estime Silvio Sircana, ancien porte-parole de Romano Prodi et sénateur démocrate.

Pour l’heure, l’ancien commissaire européen tâte le terrain. Dimanche, il a rencontré le chef de l’Etat Giorgio Napolitano pour lui demander conseil. Selon le ministre de la coopération Andrea Riccardi très proche du chef du gouvernement, Mario Monti pourrait s’adresser directement à la nation pour lui faire part de sa décision. Probablement le 21 décembre prochain à l’occasion de sa conférence de presse de fin d’année.

Mario Monti restera le point de repère d’un vaste rassemblement d’hommes et de femmes qui veulent changer l’Italie"

a toutefois ajouté Andrea Riccardi. Le message semble clair. Mario Monti n'a pas renoncé à sauver l'Italie. Restera aux Italiens d'en décider en février prochain. 




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