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Scandale à la télé : l’animateur vedette de la ZDF était corrompu

mercredi, 16 janvier, 2013 - 18:23

Scandale et démission. Thomas Gottschalk, animateur vedette de l'émission la plus populaire de la SDF touchait des pots de vins pour placer des produits sur son plateau. En Allemagne et sur une chaîne publique c'est impardonnable. 

Depuis 24 ans Thomas Gottschalk présentait l’émission phare de la chaîne de télévision allemande ZDF. Diffusée environ six samedi soir par an en direct d’une grande ville allemande, "Wetten, dass… ? " ["Voulez-vous parier que…] est une véritable institution outre-Rhin.

Durant près de trois heures, près de 10 millions de téléspectateurs restent rivés devant leurs petits écrans pour voir des inconnus mélangés à des people du cinéma ou de la chanson lancer des paris improbables. Du fermier qui parvient à reconnaître ses vaches en les entendant manger des pommes aux treize nageurs capables de tirer un navire de 312 tonnes en passant par un père de famille qui allume un briquet avec une… pelleteuse.

Thomas Gottschalk a été le maître de cérémonie incontournable de ce rendez-vous télévisé jusqu’à son départ surprise et inexpliqué en décembre 2011.

Avec ses longs cheveux blonds frisés coiffés en arrière et ses habits souvent de mauvais goût taillés sur mesure, l’homme était reconnaissable entre tous dans le paysage audiovisuel allemand plutôt gris et sans saveur. Courtisé par tous, il a fini par déraper.

"Une formidable publicité"

L’hebdomadaire Der Spiegel vient de révéler les raison de son départ précipité. Le présentateur aurait conclu par l’intermédiaire de sa société de production, Dolche Media, dirigée par son frère Christoph, plusieurs contrats de placements de produits avec des grandes marques. Le constructeur automobile Daimler Benz lui aurait ainsi versé 1,25 million d’euros pour mettre sur son plateau la Mercedes Classe A. Le contrat allait jusqu’à stipuler la manière dont elle serait filmée ainsi que la durée de temps d’antenne garantie.

Le fabricant de panneaux solaires, Solarworld, a, pour sa part, accepté de payer un million d’euros à Dolche Media pour voir son nom apparaître lors de "Wetten, dass… ? ". Le patron de la compagnie, Frank Asbeck, s’est d’ailleurs déclaré "très satisfait de ce super programme qui nous a fait une formidable publicité".

Le placement de produits est une pratique de plus en plus répandue sur toutes les chaines de télévision, en Allemagne comme ailleurs.

Le seul problème dans cette affaire était que ZDF affirme ne pas avoir été informée des arrangements conclus par son présentateur vedette qui était déjà grassement rémunéré pour son travail. Visiblement embarrassé par les révélations du Spiegel, le directeur de la chaîne publique, Thomas Bellut, a précisé que le marketing des droits de l’émission et le contenu des cadeaux offerts aux participants ne seront désormais plus contrôlés par une seule et même personne. Mieux vaut tard que jamais… Reste à expliquer comment les responsables de la chaîne ne se sont pas interrogés sur les raisons d'une Mercedes sur un plateau télé. Cela ne passe pas vraiment inaperçu!

James Bond montre le mauvais exemple

En France, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) autorise depuis deux ans le placement de produit dans les œuvres cinématographiques, les fictions audiovisuelles et les vidéos musicales, sauf lorsque ces programmes sont destinés aux enfants. Les boissons alcooliques, le tabac, les médicaments, les armes à feu et les… préparations pour nourrissons sont les seuls articles qui ne peuvent pas apparaître dans ces publicités plus ou moins cachées.

Si dans l’hexagone les grandes marques hésitent encore à utiliser ce moyen plus ou moins subliminal de promotion, à Hollywood les sponsors ne se cachent plus. Dans le dernier James Bond, Heineken, Omega, Tom Ford, Sony, Coca-Cola, Perrier, Gillette et Philips ont payé de fortes sommes pour montrer leurs produits au coté du plus célèbre des agents secrets.

Afin de persuader 007 de troquer son célébrissime vodka-Martini pour une ses bières, le brasseur néerlandais n’a pas hésiter à engloutir… 35 millions d'euros soit environ 20% du budget total du film. La firme suisse Propaganda fondée en 1991 est devenue le leader mondial du placement de produits dans l’industrie audiovisuelle.

Parmi les 5000 scripts qu’ils reçoivent chaque année, ses experts en sélectionnent environ 1000 pour imposer des articles de leurs clients comme BMW, Nespresso ou Lacoste. Ainsi que le Docteur House dans le dernier épisode de la série relace croise et décroise avec insistance ses jambes pour mettre en avant ses sneakers Nike ne semble déranger plus personne.

Thomas Gottschalk n'a pas résisté à cette manne. Mais à la télévision publique, allemande de surcroît, on est loin, très loin, d'Hollywood. 




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