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Un défi mondial pour l’automobile européenne

lundi, 21 janvier, 2013 - 17:48

Si les ventes mondiales de Renault et de Peugeot-Citroën se contractent en 2012, celles des constructeurs allemands s'accroissent. Avec un marché européen sinistré, le salut ne peut venir que d'une solide implantation hors d'Europe. A l'instar de Volkswagen.

Chronique sur RFI - L'automobile by Myeurop

Avec un recul de 6% des ventes mondiales du groupe Renault en 2012 et un recul de 16,5% de ces ventes pour Peugeot-Citroën, les temps sont très durs pour les constructeurs automobiles français qui annoncent, l'un après l'autre de nombreuses suppressions de postes dans l'Hexagone.

Il faut dire que le marché européen de l'automobile a connu l'an dernier une année noire avec un recul des ventes de 8%. Ce qui ne veut pas dire que tous les constructeurs européens sont logés à la même enseigne.

D'abord parce que la situation n'est pas du tout la même sur les marchés nationaux. Ainsi, le marché automobile français s'est-il nettement plus contracté l'an dernier que la moyenne européenne puisque les ventes y ont diminué de 14%. La France se situe dans un groupe où l'on retrouve la Belgique (- 15%), l'Espagne (- 13%) ou encore la Slovénie (-16%).

Marchés sinistrés, marchés préservés

Mais il y a des marchés encore beaucoup plus sinistrés que l'Hexagone: naturellement la Grèce ou le Portugal (avec des chutes de 40 et 38%), ravagés par la crise, mais encore l'Italie (-20%). A l'inverse, plusieurs pays s'en sortent bien mieux, notamment à l'Est de l'Europe. La Hongrie connait un vrai redémarrage (+ 17%) alors que République tchèque, Pologne ou Lettonie limitent la casse en enregistrant de faibles baisses ou de légères hausses.

Et puis, surtout, le premier marché européen, l'Allemagne, n'a accusé en 2012 qu'une contraction de 3% des ventes d'automobiles. Il faut dire qu'elle a connu l'an dernier une croissance supérieure à celle de la France et surtout bien meilleure que celle des pays méditerranéens. Elle a vu par ailleurs se réduire le chômage et s'accroître la population active.

Le rêve automobile allemand

Mais des facteurs plus structurels sont à l'oeuvre. Notamment le fait que les constructeurs allemands ont su entretenir le "rêve automobile" parmi la population. Pour s'en convaincre, il suffit de visiter l'immense "showroom" conçu par Volkswagen à Wolfsburg ou plus de deux millions de personnes par an viennent visiter ce temple de l'automobile. Et ils ne font pas que regarder, beaucoup repartent avec une voiture.

En fait, les Allemands ne fabriquent pas que des voitures de rêves. Ils savent magnifiquement les vendre ! Ce n'est donc pas un hasard si les constructeurs allemands s'en sont beaucoup mieux sortis en 2012 que leurs homologues français.

Peugeot s'effondre, Volkswagen triomphe

Les ventes mondiales du groupe Renault ont chuté de 6% en 2012 et celles de PSA de 16% ! Pendant ce temps, les ventes de Volkswagen dans le monde ont progressé de 11%, celles de BMW de 10%, celles de Daimler Benz de 5%. Bien sûr, le marché européen n'a été favorable à personne. Mais pendant que Peugeot-Citroën y reculait de 15% et Renault de 18%, les constructeurs allemands n'ont cédé que 2 à 3%.

S'ils ont bien défendu leur position globale en 2012, c'est donc que les marques d'Outre-Rhin ont beaucoup accru leur vente hors d'Europe: un gain de 23% pour Volkswagen et de 18% pour BMW alors que Renault n'y a gagné que 9% et Peugeot rien du tout.

Cette différence s'explique aisément. Les ventes hors d'Europe de PSA représentent moins de 40% des ventes totales tandis que les ventes de Renault dépassent à peine les 50%. Or les ventes non européennes de BMW sont à 54%, celles de Daimler-Benz à 58% et celles de Volkswagen à 60%. Vendre six véhicules sur 10 sur des marchés très porteurs comme la Chine, la Russie ou le Brésil, c'est forcément payant.

Le Brésil, premier marché de Fiat

Même le constructeur italien Fiat qui a accusé un fort recul en Europe va limiter la casse en 2012 avec une progression de 11% de ses ventes au Brésil. Des ventes qui sont désormais supérieures aux ventes européennes totales du groupe. Au total, 65% des ventes de Fiat se font hors d'Europe.

Quant au marché chinois, il représente désormais près de deux fois le marché européen et il est bien sûr en très forte croissance. Un seul constructeur européen est très bien positionné en Chine, c'est la marque Volkswagen dont les ventes en Chine sont 40% supérieures à ses ventes en Europe.

Les autres sont loin derrière: les ventes en Chine de BMW représentent 40% de ses ventes européennes. Celles de Mercédès 35% et celles de Peugeot 28%. Renault est totalement largué avec ses 30.000 véhicules "chinois", soit 3% de ses ventes en Europe !




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