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Football: Bruxelles veut mettre fin à la surenchère des transferts

jeudi, 7 février, 2013 - 16:34

La Commission européenne veut limiter le montant des transferts de joueurs entre les clubs les plus riches de l'UE. Dans une étude publiée aujourd'hui, elle préconise l'imposition d'une taxe sur les transferts au dessus d'un certain montant. Les sommes prélevées seraient redistribuées aux clubs moins riches.

Dans une Europe confrontée à une crise contraignant les Européens à se serrer la ceinture, les montants faramineux des transferts de joueurs entre l'élite des clubs de foot du vieux continent sont de plus en plus choquants. Des clubs financés par des de richissimes investisseurs du Golfe ou des oligarques russes qui remplacent, notamment en France et au Royaume-Uni, les propriétaires nationaux ou internationaux d'hier avec des moyens décuplés.

En France, les Qataris rachètent le PSG et font valser les millions en renflouant le club sans compter. Dernier rachat en date, Lucas Moura, le jeune prodige brésilien a été transféré cet hiver à Paris pour 43 millions. Quant à Thiago Silva, il a été racheté cet été pour 40 millions au Milan AC. Un record mondial pour un défenseur.

Une "taxe Tobin" du foot

Face à cette course folle, l'étude de la Commission doit permettre de mettre en place au niveau européen "un nouveau cadre réglementaire" pour réguler ce marché des transferts et permettre une redistribution d'une partie du montant des indemnités versées au club qui cède un joueur.

Cela passe par l'instauration d'une "taxe Tobin" du foot. Un tel mécanisme de solidarité entre les riches clubs en tête des classements des championnats européen et ceux qui ne peuvent pas faire face à cette surenchère existe déjà, mais l'étude se propose qu'elle passe d'à peine 2% à "5 à 8%" et selon un mécanisme très réglementé.

Par ailleurs, si avant la fin de son contrat le joueur le prolonge avec son club, l'indemnité serait plafonnée proportionnellement à son salaire (à 70% de celui-ci sur l'ensemble de la période pour laquelle il s'est de nouveau engagé).

Transférer dans la législation européenne les règles établies principalement par instances sportives, notamment le "fair play financier" cher à Michel Platini, toujours "dans le but d'assurer une concurrence loyale et équilibrée et de promouvoir le développement des jeunes".

Transparence et lutte contre la fraude

C'est d'autant plus important, toujours selon les auteurs du rapport, que "le droit de l'UE a eu un impact important sur l'évolution des règles en favorisant la mobilité des joueurs tout en reconnaissant les spécificités du sport".
Optimistes, ils affirment également que

les règles qui imposeront une plus grande transparence des opérations de transfert contribueront à la lutte contre la fraude et, plus généralement, à une meilleure gouvernance dans le football".

Pour étayer la nécessité de limiter le montant des transferts, le rapport rappelle que

le coût de ces transferts dans le football a considérablement augmenté entre 1995 et 2011: le nombre de transferts dans l'UE a été multiplié par 3,2 alors que la valeur totale des indemnités de transfert a augmenté 7,4 fois".

Autres chiffres cités par l'étude mettant en évidence la valse des millions sur la planète foot:

Le coût des transferts dans le football dans l'UE au cours de la saison 2010/2011 s'est élevé à 3 milliards d'euros. Au cours de la même saison, le marché mondial des frais de transfert de basket-ball était de 27 millions d'euros".


(Avec l'aimable soutien et l'expertise footballistique d'Adrien Rogissart) 




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