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La seconde chute du Mur de Berlin

mardi, 19 mars, 2013 - 14:49

Le plus grand tronçon restant du Mur de Berlin est menacé de destruction partielle. Les Berlinois se mobilisent pour défendre ce symbole de l'histoire allemande devenu l'East Side Gallery, une galerie d'art à ciel ouvert. Mais pour le maire de la capitale allemande, Berlin est à l'heure de la modernité.

Près de 10.000 personnes ont répondu dimanche dernier à l’appel, notamment, de l’acteur et chanteur américain David Hasselhof. Affirmant son soutien à l’association "Sauvez l’East Side Gallery", l’ancienne star d’Alerte à Malibu a entonné son tube "Looking for freedom" devant une foule amusée, ravivant ainsi le souvenir du premier Nouvel an de la réunification en 1989.

Connue dans le monde entier grâce à ses peintures, dont le célèbre baiser entre l’ancien secrétaire général de la RDA Erich Honecker et Leonid Brejnev, l’East Side Gallery est autant une attraction touristique qu’un lieu profondément symbolique pour les Allemands.

Un monument historique

Les Berlinois n’ont cependant pas attendu de la star américaine pour se mobiliser. Menacée de destructions partielles, l’East Side Gallery, longue de 1300 mètres, est menacée par deux grands chantiers immobiliers. D’un côté, le projet d’une tour de 63 mètres avec des appartements luxueux, symbole par défaut de la gentrification montante dans la capitale allemande.

De l’autre, la reconstruction d’un fantôme du passé, le pont de Brommy, détruit par les Nazis en 1945 pour retarder l’arrivée de l’Armée rouge dans la ville.

Face à ces deux projets, un seul mot d’ordre: il faut sauver le Mur de Berlin. Ses défenseurs mettent en avant la valeur symbolique du lieu, classé monument historique depuis 1992, et l’importance de transmettre ce mur comme témoignage aux générations futures. L’association des victimes de la RDA est également montée au créneau, pour rappeler que 136 individus ont perdu la vie en essayant de grimper le Mur, entre 1963 et 1989.

Course à la modernité

L' « East Side » n'est pas un cas isolé dans la capitale allemande, même s'il est sûrement le plus spectaculaire. Depuis quelques années, des lieux emblématiques de la vie alternative berlinoise ont fermé les uns après les autres.

Cela a commencé avec le Tacheles, le squat artistique bien connu des touristes (un demi-million par an), évacué par la police en septembre 2012. Au début du mois, la maison d'exposition C/O, située dans l'ancien bureau des postes, a organisé sa soirée de départ.

Mais pour le maire de Berlin, Klaus Wowereit, Berlin, endettée autour de 60 milliards d'euros, "est pauvre". Elle a donc besoin d'investisseurs, ceci malgré le mécontentement de ses habitants.

Manifestations, pétitions (plus de 77.000 signataires), et pourparlers entre les différentes parties (autorités locales, promoteurs immobiliers et associations) ont abouti à l’arrêt momentané des travaux.

Les négociations avec la mairie de Berlin devraient reprendre cette semaine, mais les ouvertures dans le mur ne seront probablement pas annulées. Signé dans la foulée de la réunification, la construction d'appartements de luxe témoigne de la course à la modernité de la ville.

Quant au projet du "Brommybrücke" (le pont de Brommy, Ndlr) les Berlinois se sont déjà décidés sur la validité du projet en….2008. 87% des votants s'étaient exprimé lors d'un conseil de quartier en faveur d'une piste piétonne et cyclable sur le futur pont. Une décision populaire sur laquelle il sera difficile de revenir. 


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