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Cahuzac a avoué le couteau suisse sous la gorge

mercredi, 3 avril, 2013 - 13:42

La presse helvétique révèle qu'une enquête judiciaire menée en Suisse confirmait l'existence du compte suisse de l'ex-ministre du budget. Ailleurs en Europe, les médias s'interrogent notamment sur les conséquences de l'affaire Cahuzac pour François Hollande.

Selon les révélations du quotidien suisse Le Temps, Jérôme Cahuzac a avoué juste avant que l'existence de son compte suisse soit rendue publique par les autorités judiciaires helvétiques. Si l'ex-ministre du budget a pris les devants en passant aux aveux, ce n'est pas vraiment, comme il l'explique sur son blog à l'issue d'une "lutte intérieure taraudante", mais parce qu'il était au pied du mur.

Saisi d’une demande d’entraide pénale internationale adressée par le parquet de Paris le 12 mars, le Ministère public genevois a mené des perquisitions chez UBS et auprès de la société Reyl et Cie, attestant l’existence du compte"

explique Le Temps.

L’ex-ministre avait ouvert au début des années 1990 un compte non déclaré auprès d’UBS, à Genève. Ce compte a été transféré l'année suivante dans une autre banque genevoise, "Reyl et Cie". Il aurait été fermé en 2010 et transféré vers la succursale de cet établissement à Singapour. Nouvelle preuve à charge pour Jérôme Cahuzac qui avait affirmé ne s'être pas préoccupé depuis des années de son compte secret.

La demande d’enquête ayant été adressée le 12 mars, tout est allé très vite"

explique le procureur suisse Jean-Bernard ­Schmid cité par Le Temps, qui précise que

dans la mesure où la législation suisse en matière d’entraide impose d’informer la personne visée, l’avocat de Monsieur Cahuzac avait accès au dossier. Il a donc été informé de ce que nous avons trouvé, et en a de toute évidence tiré les conséquences".

La presse belge rêve de suivre l'exemple Mediapart

La Belgique est, elle, divisée comme toujours. Les Francophones ont les yeux rivés sur la France et se passionnent pour ce ministre du budget qui se préoccupe surtout du sien… Tandis que les Flamands ne lui consacrent même pas un entrefilet.

La Libre Belgique décline l'affaire en plusieurs articles – "Cahuzac exclu du PS, les sanglots de Gérard Filoche", etc… Pour le site du magazine Le Vif-L'Express, l'affaire Cahuzac "touche Hollande au cœur" et provoque un "séisme politique".

Quant à Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir de Bruxelles, elle chante sur un ton quasi-lyrique le "sacre de la presse qui fait son métier", érigeant Mediapart au rang de chevalier blanc du quatrième pouvoir. Pourtant, la presse belge francophone est peu habituée à malmener ses propres ministres.

C'est plutôt du côté de la presse flamande, du Morgen ou du Standaard, qu'il faut se tourner pour trouver des portraits au vitriol du personnel politique en place ou des lettres ouvertes aux ministres qui leur rappellent l'éthique liée à leur charge.

Mentir, ça ne pardonne pas outre-manche

Un peu plus au nord, aux Pays-Bas, on ignore purement et simplement l'affaire : les Néerlandais sont bien trop impatients d'entendre le discours de la reine Béatrix, ce soir. Ce sera sa dernière intervention publique avant son abdication.

Outre-Manche, on fait le parallèle entre l'affaire Cahuzac et celle de l'ex-ministre britannique de l’Environnement, Chris Huhne contraint à la démission l'année dernière. Il est aujourd'hui en prison pour avoir menti à la justice: il avait fait croire il y a dix ans que son épouse conduisant sa voiture pour ne pas perdre son permis.

Et mentir à la justice britannique, contrairement à la France, ça ne pardonne pas estime le quotidien The Independent. Une offense à la justice qui est, il est vrai, bien loin de l' "outrage fait à la République d'autant que les faits reprochés sont eux-mêmes intolérables" comme vient de l'affirmer François Hollande (voir vidéo). 

François Hollande : «les élus condamnés pour… par PartiSocialiste




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