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Vers une moralisation de la vie publique en Europe

mercredi, 24 avril, 2013 - 14:14

Les parangons de la transparence que sont les Etats nordiques sont-il vraiment irréprochables? En Finlande, contrairement à un cliché répandu, la transparence tient plutôt de l’apparence...  En France, trois projets de loi liés à la moralisation de la vie publique ont été examinés en conseil des ministres aujourd'hui. Ailleurs en Europe, la question fait toujours débat. Le point carte à l'appui.

Le conseil des ministres a examiné aujourd'hui les projets de loi sur la moralisation de la vie politique en France. Une promesse de François Hollande qui n'est du goût de bon nombre de parlementaires de droite comme de gauche, réticents à rendre public leur patrimoine.

Les mesures à mettre en œuvre sont nombreuses et feront l'objet de trois projets de loi qui seront présentés au Parlement en même temps, en juin.

Ces règles concernent notamment:

  • La création d'une "Haute autorité pour la transparence de la vie publique", organe indépendant chargé de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêt des ministres, des parlementaires, des responsables des exécutifs locaux et des grandes administrations.
  • L'interdiction de cumuler un mandat parlementaire avec certaines activités professionnelles. Avocats, journalistes et consultants pourraient être concernés. Ceci pour éviter d'éventuels conflits d'intérêts.

A l'opposé de ce retard français sur la transparence des élus que le président de la république veut combler dans la foulée de l'affaire Cahuzac, la Finlande se veut un modèle du genre. Mais qu'en est-il vraiment?

Finlande: la transparence se heurte à l'égalitarisme

Contrairement à un cliché bien entretenu par les Finlandais eux-mêmes, le patrimoine des ministres finlandais n’est pas si transparent. Le nombre d’actions des grandes entreprises nationales (Nokia, la banque Nordea, le géant du papier UPM-Kymmene) est public, les appartements et propriétés foncières également, mais leur valeur reste une devinette. La transparence finlandaise tient plutôt de l’apparence.

L’unique aspect visible touche au montant des revenus publiés chaque année dans le "calendrier fiscal", sorte d'annuaire répertoriant les revenus des contribuables déclarant plus de 30000 euros par an. On y découvre que tout le gouvernement déclare entre 150 et 180 000 euros. Mais quid des actions et autres biens fonciers? Cette égalité de façade des revenus est bien loin de la disparité des niveaux de richesse des membres du gouvernement.

Le plus "pauvre" est le ministre de l’écologie, Ville Niinistö (homonyme du Président finlandais, Sauli Niinistö) avec, selon nos sources, 270.000 euros de patrimoine et le plus "aisé", le très jeune ministre de la Défense (il a 34 ans et est célèbre dans le pays pour son exemption de service national), Carl Haglund. Issu d’une très longue lignée de notables finlandais, Haglund serait à la tête d’un patrimoine avoisinant le million d’euros.

Face sombre de cette transparence en trompe-l'œil des revenus et patrimoines en Finlande, l’obsession de l’égalitarisme et la confusion entre justice pour tous et uniformité pesante attise toutes les envies et privilégie un matérialisme fort tenace. Dès la sortie du "calendrier fiscal", les envieux de tous bords le dévorent, toute honte bue, afin de pointer ceux qui gagnent plus.

Et ailleurs en Europe?

Le point cartographique sur la transparence du patrimoine des élus et gouvernements




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