Connexion

Syndicate content

Prétendants au trône: du plus clean au plus glauque

lundi, 29 avril, 2013 - 16:34

A l'occasion du couronnement du nouveau roi des Pays-Bas, Myeurop vous présente les héritiers des monarques européens ainsi que les prétendants au trône dans les républiques. Ce n'est pas toujours très reluisant...

Chronique sur RFI - Les héritiers des trônes by Myeurop

L'avènement, à 46 ans, du nouveau roi Willem-Alexander des Pays-Bas donne un coup de jeune aux sept monarchies européennes, puisque la moyenne d'âge actuelle des souverains est actuellement de 71 ans. Des souverains qui ont naturellement tous des héritiers qui, un jour, vont monter sur le trône. L'occasion de faire un petit tour d'Europe de ces "dauphins".

Certains se sont préparés consciencieusement à régner. D'autres font parfois figure de cancres à l'école des rois. Soit parce qu'ils ne semblent pas prendre à cœur leur futur rôle et qu'ils font des bêtises, soit que des scandales ternissent l'image des familles royales.

Exemple éclairant à cet égard, Philippe de Belgique, héritier de la couronne et fils du roi Albert II. Contrairement à son homologue néerlandais Willem-Alexander, que la reine Beatrix a eu soin d'associer aux affaires publiques, Philippe, à 53 ans, a été très peu associé à l'exercice du pouvoir, à l'exception de ces missions économiques à l'étranger où il semble évoluer avec une certaine aisance.

Mais, il fait l'objet d'attaques parfois très dures. Ses silences et sa discrétion sont-ils le fruit d'une réflexion intense ? Ou bien, sont-elles le reflet d'un comportement autistique ? C'est la question que pose un livre paru en néerlandais le mois dernier et qui lie certaines manies du prince à un possible syndrome d'Asperger…

Espagne: le roi et sa fille couverts de plumes

Des interrogations, il y en a aussi en Espagne, même si cela ne touche pas directement l'héritier du trône Felipe de Borbon, fils ainé de Juan-Carlos Ier. Car ce bel homme de 45 ans plein de manières et de prestance est finalement l’un des plus sages de la famille. Mais l’année dernière, c’était son père qui commettait un sacré faux pas: un safari au Botswana.

En goguette et en cachette, Juan Carlos avait finalement été trahi par une hanche cassée, et l’Espagne l’avait appris. Résultat: des excuses publiques pour le vieux Roi. Et puis cette année, c’est au tour de la sœur de Felipe à être prise dans une tempête bien plus sérieuse.

L’infante Cristina est empêtrée dans un scandale de corruption et de détournement de fonds publics, dont son mari tient le premier rôle. La fille cadette a été convoquée le 27 avril dernier devant un juge d’instruction : c’est tout simplement une première, pour un membre de la famille royale.

Royaume-Uni: Charles le fourbe, Harry le débauché

Au Royaume-Uni, c'est un peu la même chose qu'en Espagne. Pas trop à dire sur Charles, l'héritier déjà fort mûr – 64 ans – de la reine Elisabeth II, si ce n'est quelques bourdes ou écarts de langage et, quand même, un adultère retentissant avec Camilla du temps de son union avec Diana. En revanche, les fautes du prince Harry commencent à faire désordre au sein de la monarchie britannique. Du déguisement nazi en 2005 en passant par des insultes racistes en 2009 jusqu'à des photos de lui nu, publiées en 2012, il n'en finit pas de jouer les trouble-fête à Buckingham Palace.

Il faut dire, que Henry de Galles – son nom officiel – ne porte pas le poids de la couronne sur la conscience. Troisième dans l'ordre de succession au trône, et bientôt quatrième après la naissance du futur enfant de son frère William, il y a bien longtemps que le frère cadet s'est délesté du carcan protocolaire, au grand dam de la "Queen Mum".

Scandinavie: sympas, compétents, généreux…

Si l'on veut trouver de bons élèves princes-héritiers, c'est en Scandinavie qu'il faut se rendre. Là-bas, l'exercice du pouvoir est synonyme de simplicité et les familles régnantes n'échappent pas à la règle. Viktoria, héritière de la couronne de son père, le roi Carl XVI Gustav de Suède, a suivi un parcours exemplaire. Mariée en 2010 à Daniel Westling, un roturier professeur de gymnastique, mère depuis février 2012, elle a étudié dans la célèbre université américaine de Yale.

Quant à Haakon Magnus de Norvège, fils du roi Harald V, très mobilisé en faveur du développement et de l'écologie, il a lui aussi épousé une roturière, la norvégienne Mette-Marit. Avant son mariage avec le prince, la jeune femme avait eu un enfant d'une première relation et connu des problèmes de drogue dans sa jeunesse.

Enfin, Frederik de Danemark, le fils de la reine Margrethe, trace très sagement sa route. Etudes à Harvard, diplôme de Sciences politiques au Danemark, formation militaire, et trois langues étrangères en poche, le prince de 44 ans est passé par l’ONU et le CIO. Ce père de 4 enfants est aussi un sportif – il a participé aux championnats d’Europe et du Monde de voile – et, décidément parfait, il est engagé contre le changement climatique.

Des princes modèles en quelque sorte. Mais qu'en est-il dans les anciennes monarchies devenues républiques, quel y est le profil des prétendants au trône qui, au demeurant, ne se font aucune illusion sur leur chance de régner?

France: royal business only pour Henri VII

En France, le "Dauphin" a déjà 70 ans: Henri d'Orléans, Comte de Paris, qui pourrait régner sous le nom d'Henri VII, est l'héritier direct de notre dernier roi Louis-Philippe ainsi que de Louis XIII, à la quatorzième génération. Cet ancien combattant d'Algérie, décoré à ce titre, n'a pas eu une vie professionnelle très dense après un passage au secrétariat de la défense national. Outre quelques missions commerciales, il s'est contenté de créer en 1981 le Centre d'études et de recherches sur la France contemporaine, transformé en 1999 en Institut de la Maison Royale de France. Son divorce d'avec Marie-Thérèse de Wurtemberg lui a valu une brouille sérieuse avec son père, l'ancien Comte de Paris. Son fils ainé, François, est appelé à lui "succéder" sous le nom de François III.

Allemagne et Autriche: du militaire au politique

Le prétendant allemand l'est doublement puisque George Frédéric de Prusse (36 ans), arrière, arrière petit-fils de l'Empereur Guillaume II, serait légitime à devenir Empereur d'Allemagne et roi de Prusse. Légitime? C'est justement ce que ses oncles ont contesté devant les tribunaux allemands, prétendant que cet officier de réserve de la Bundeswehr ne pouvait prétendre diriger la maison de Hohenzollern, famille des empereurs et rois.

Pas de contestation de ce type en Autriche, bien que Charles de Habsbourg-Lorraine (52 ans) soit beaucoup moins célèbre et charismatique que son défunt père Otto. Il n'en est pas moins l'héritier de la couronne impériale et royale d'Autriche-Hongrie, puisqu'il est le petit fils du dernier Empereur Charles Ier et l'arrière petit fils de François-Joseph lui-même!

Charles a la fibre politique puisqu'il a été membre du Parlement européen et qu'il a dirigé L'Organisation des Nations et des peuples non représentés qui s'occupe des minorités et des territoires occupés.

Italie: un prétendant digne de Berlusconi

Oui, mais il faut quand même terminer par le vilain petit canard des prétendants au trône. Il s'agit de Victor Emmanuel de Savoie (76 ans), fils du dernier roi d'Italie Umberto. Ce Victor Emmanuel accumule en effet les ennuis avec la justice. Soupçonné du meurtre d'un jeune allemand en Corse, il a été incarcéré pendant 55 jours en 1978. En 1991, la Cour d'appel de Paris l'a condamné pour port d'arme illégal. Enfin, en 2006, il a été arrêté au bord du lac de Côme et inculpé pour association de malfaiteurs visant à l'exploitation de la prostitution. Même s'il a par la suite bénéficié d'un non lieu, cela ne donne guère une bonne image du potentiel roi d'Italie!




Pays