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Europe: J-1 avant la révolution

mardi, 30 avril, 2013 - 12:44

Des apiculteurs ont crié hier "vive l'Europe". Un fait suffisamment marquant qui intervient à la veille d'une immense révolution pour la zone euro. Billet.

Cette fois, les choses bougent vraiment pour l'Europe. Dans certaines campagnes françaises, après l'interdiction par Bruxelles de trois pesticides nocifs pour les abeilles, quelques manifestants apiculteurs ont crié hier "vive l'Europe"! C'est un peu comme si, lors d'une manifestation parisienne, on entendait hurler "bravo Hollande !".

Donc, sur l'Europe, c'est du jamais vu depuis des décennies. C'est un signe qui ne trompe pas, un tournant majeur, celui de la reconquête de l'opinion après dix bonnes années de désamour. Cette cote d'amour qui remonte, cela tombe bien. Car dans quelques heures, le 2 mai 2013, une autre révolution est annoncée: les nouveaux billets de cinq euros sortent des presses.

Là, c'est franchement le grand choc. Bien sûr, au verso, l'acqueduc romain est toujours là. Bien sûr, au recto, la colonnade antique se cogne toujours aux étoiles de l'Union européenne. Mais celles-ci ont grandi, telles un météore qui se rapproche et va nous brûler.

Quant au chiffre "5", du gris il vire au vert, couleur de l'espoir. D'ailleurs, le bleuté actuel du verso, si froid que l'on en tremble, se verdit également sous l'effet d'une douce lumière aurorale venant caresser les arches de l'acqueduc.

On s'imagine les efforts déployés par les ministres des finances de la zone euro, les trésors de diplomatie dont il a fallu user pour aboutir à un compromis aussi lourd de sens. Finalement, c'est ça l'Europe, des enjeux immenses, des Nations à couteaux tirés qui, au nom d'un idéal qui les dépasse, acceptent des sacrifices énormes: pas d'Arc de Triomphe, pas de Porte de Brandebourg, pas de Tour de Pise ni de Musée Guggenheim sur les nouveaux billets de cinq euros.

Dans un renoncement sans exemple, et après des mois d'empoignes, les Etats-membres ont finalement réussi à se mettre d'accord pour ne rien changer.

Cette fois, les eurosceptiques risquent de ne pas s'en remettre !


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