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Ni homme, ni femme : la neutralité sexuelle fait école en Suède

mercredi, 8 mai, 2013 - 10:38

Les études de genre gagnent l'Europe. Après les États-Unis, c'est au tour du Vieux Continent de s’intéresser à ce nouveau champ de réflexion. Première réussite en Suède où les vestiaires "trans" font école pour les intersexués.

Un vestiaire neutre où peuvent se dévêtir "ceux qui ne souhaitent s'identifier ni comme un homme ni comme une femme", c'est possible. Le lycée Södra Latin de Stockholm est, depuis quelques jours, le premier établissement d'Europe à proposer un tel lieu.

À l'origine de la demande, l'association HBQT (homosexuels, bisexuels, queers, transgenres) de l'école. Ces vestiaires permettent aux jeunes suédois qui le souhaitent de "se changer sans craindre le regard des autres".

Ces questions émergent, depuis plusieurs années. Des personnes intersexuées revendiquent le droit de n'être assignées à aucun sexe. On sait aujourd'hui qu'une part assez importante de la population ne s'identifierait comme ni masculin ni féminin."

nous explique Marylène Lieber, sociologue et professeur associée à l'Institut des études de genre de Genève.

Un pronom neutre

Déclarée pays le plus sexuellement égalitaire par le forum économique mondial de 2010, la Suède travaille la question du genre depuis plus de 40 ans. Dans les années 60, les linguistes suédois souhaitent offrir plus de nuances à leur langue. Hans Karlgren suggérera ainsi l'ajout d'un pronom neutre, le "hen", pour pouvoir parler d'une personne sans avoir à en préciser le sexe.

Peu utilisé jusqu'alors, le pronom neutre refait son apparition en 2012 lors de la publication d'un livre pour enfant, Kivi et le monstre chien de l'écrivain Jesper Lundqvist.

L'auteur, à travers cette histoire, veut sortir des clichés sexistes et aider les enfants à s'identifier au personnage principal. Une percée qui réouvre le débat sur l'identité sexuelle en Suède.

Les études de genre sont issues des études féministes et tentent de montrer en quoi les rapports sociaux de sexe structurent nos sociétés. Elles posent la question de savoir comment les identités sexuées sont le produit d'une construction sociale"

explique Marylène Lieber.

La question du genre trouve un écho hors des pays nordiques. Depuis 2009, la crèche Bourdarias de Saint-Ouen, en banlieue parisienne, s'est inspirée du modèle suédois. 




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