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Hollande et Merkel: l’Europe du « je » contre l’Europe du « nous »

vendredi, 17 mai, 2013 - 08:45

Entre amour et répulsion, les dirigeants européens ne parlent décidément pas la même langue européenne. Si François Hollande veut "sortir l'Europe de sa langueur", Angela Merkel veut en "assurer la prospérité". Florilège des déclarations de nos leaders européens.

Pas si simple les relations de couple. Surtout lorsqu'on est plusieurs à courtiser la belle. C'est un peu le cas de l'Europe. Certains ne songent qu'à sa perte prochaine, tandis que d'autres souhaitent la sauver et vivre longtemps auprès d'elle.

La France compte parmi ces "amants héroïques" à en croire notre bon président. Lors de sa conférence de presse du 16 mai 2013, François déclarait, sûr de lui:

Ma responsabilité : sortir l'Europe de sa langueur, réduire la désaffection des peuples qui compromet son avenir. […] la France a joué un rôle de trait d'union entre Europe du nord et Europe du sud."

Une bien lourde responsabilité de plus pour un Président déjà confronté à la récession, le chômage et le moral en berne des Français.

Concurrence allemande

Seulement voilà, la place de grand timonier de l'Europe est déjà prise. De l'autre côté du Rhin, l'Allemagne, première puissance économique de la zone euro, assume cette position avec une grande sérénité:

Nous, Allemands, sommes conscients de la responsabilité qui nous incombe pour assurer la prospérité future de l’Union. C’est dans cet esprit que le gouvernement fédéral allemand mène sa politique au service de notre pays et au service de l’Europe"

rappelait la Chancelière Angela Merkel lors d'un discours au Parlement européen en 2012.

La dirigeante allemande avait d'ailleurs su convaincre en son temps l'Italie des bienfaits de la rigueur budgétaire. A la tête du gouvernement italien, Mario Monti était devenu le petit "chouchou" des dirigeants européens… quitte à être impopulaire dans son propre pays.

Il faut dire que question jargon européen, l'homme savait manier les mots que Bruxelles aime à entendre. En février dernier, lors d'une conférence sur la concurrence organisée par la Commission européenne cette année, l'homme déclarait :

La situation des marchés en 2011 ne nous a pas laissé d’autre choix que de couper le budget de l’Italie et d’adopter des réformes significatives en dépit de la faible croissance".

Le refus de s'engager

Un pragmatisme brutal que Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol n'a pas su partager. Durant un bref passage à l’Élysée, le chef du gouvernement espagnol ne se prive pas de rappeler "discrètement" que l'Europe devrait être plus conciliante avec son pays :

Les politiques de réformes structurelles vont porter leurs fruits. Il faut dissiper les doutes concernant l'euro, il faut appuyer les pays qui respectent leurs engagements vis-à-vis de l'Union européenne et qu'il y ait un financement et de la liquidité pour ces pays-là. Voilà quel est l'objectif principal et voilà qu'elle est l'urgence aux yeux de l'Espagne."

Reste le grand rebelle de la bande. Celui à qui on n'impose rien : le Royaume-Uni. Le premier ministre David Cameron a même promis la tenue d'un référendum en 2015 afin de savoir si oui ou non, son pays devait rester dans l'Union européenne.

Même s'il semble que pour le chef du gouvernement anglais, le distinguo Europe / Grande-Bretagne soit déjà pleinement acté. Exemple lors de son discours du 23 janvier 2013:

Le danger est que l'Europe échoue et que les Britanniques dérivent vers la sortie […] Il y a une frustration grandissante chez certaines personnes qui ont l'impression que l'Union européenne leur est imposée plutôt que choisie."

En somme, prendre ses distances avec la belle et surtout ne rien lui promettre avant de connaître le montant de la dot, à savoir les avantages sonnants et trébuchants concédés par Bruxelles pour rester dans l'Union.

Les lendemains qui chantent, pour l'Europe, ce n'est vraiment pas pour maintenant, n'en déplaise au Président de la République française.

 




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