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L’aide alimentaire européenne toujours sur la sellette

vendredi, 24 mai, 2013 - 10:40

Rien n'est gagné. La Commission emploi et affaires sociales du parlement européen vient de voter un nouveau fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) de l'ordre de 3,5 milliards d'euros. Reste à convaincre les chefs d'Etat de l'importance de ce soutien. Éclairage avec Karima Delli, eurodéputée Europe Écologie les Verts (EELV). 

Peut-être un second souffle pour les associations d'aides aux plus pauvres. Les députés européens de la Commission emploi, affaires sociales et inclusion ont voté, lundi 20 mai, un fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD). Ce dernier doit remplacer l'ex-programme de soutien (PEAD) censé expirer en 2013.

Cette assistance, créée en 1987 par Coluche et Jacques Delors, finance jusqu'à 30 % des denrées alimentaires des associations (Croix-Rouge, Restos du cœur….)

Le principe est simple. Piocher dans les excédents agricoles en provenance de la politique agricole commune (PAC) pour les échanger contre des comestibles. 

Disette sur le financement des aides

Mais aux fils des ans, les stocks la PAC se sont considérablement réduits. Bruxelles décide donc, à l'époque, d'octroyer une enveloppe financière aux États pour remplacer la nourriture.

Une politique décriée, en 2011, par l'Allemagne et ses suiveurs. Pour eux, le fonds d’intervention de la PAC n'a pas à financer la politique sociale des États. Seule solution : réduire considérablement le financement du PEAD. On évoque, en 2011, une baisse de l'ordre de 82 % des aides données à la France.

Finalement reconduit jusqu'en 2013, le programme fait maintenant place au FEAD. Une aide de 3,5 milliards d'euros. Mais rien n'est gagné. Les États doivent encore accepter d'investir dans ce nouveau fond. Karima Delli, eurodéputée EELV, nous éclaire sur les spécificités de ce soutien. Interview.


 

Quelles sont les différences entre le nouveau fonds d'aide et l'ancien ?

Nous nous sommes mis d'accord sur la somme de 3,5 milliards d'euros. Cela nous permettra de distribuer de la nourriture, mais aussi une aide matérielle pour les sans-abris, ce qui n'était pas le cas avant.

Avant, seuls 20 pays étaient concernés par le PEAD. Si le fonds est définitivement adopté, en janvier 2014, tous les pays de l'Union européenne pourront en profiter.

La solidarité entre les pays ne doit plus être une solidarité à la carte, mais une solidarité pleine et entière. Tous les gouvernements sont responsables de la politique de lutte contre la précarité sociale.

Rappelons que le PEAD bénéficie à 18 millions de personnes en Europe. Nous veillerons également à ce que les denrées délivrées respectent les normes environnementales et à renforcer les circuits courts.

Qu'entendez-vous par circuit court ?

Une simplification administrative, inscrite dans notre rapport, permettra la création d'une autorité indépendante chargée de gérer l'argent du fonds dans chaque État.

Il faudrait mettre en place, au niveau local, un pacte de solidarité alimentaire entre agriculteurs, industriels, grande distribution et collectivités locales. Cela permettrait de mieux gérer les aides du fond européen.

Notre volonté est de porter ce programme, une fois entériné, au niveau national. Faire un grand plan de lutte contre le gaspillage pour orchestrer la gestion de demain et mettre l'accent sur le travail avec les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP).

Pouvez-vous nous assurer que ce fonds sera validé par les États membres ?

Rien n'est encore fait. Depuis le traité de Lisbonne, les négociations pour le fonds d'aide se font en codécision entre le Parlement européen et les États.

Nous, eurodéputés de la Commission emploi, affaire sociale et inclusion, avons acté la somme de 3,5 milliards d'euros. Un mandat nous permettant d'entamer les négociations avec les États va être voté en juin. Des députés peuvent, à ce moment là, revoir à la baisse le montant de l'aide. Nous entamerons ensuite les discussions avec le Conseil.

Nous ne négocierons pas en dessous des 3,5 milliards d'euros sur sept ans. C'est une goutte d'eau pour les dirigeants face à la détresse de millions de personnes. Les écolos porteront la bataille jusqu'au bout.


Ndlr : Sur Twitter s'écharppe. En cause, l'abstention des communistes lors du vote sur la question du Fonds d'aide européen.

 

 




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