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A qui va profiter le New Deal européen?

mercredi, 29 mai, 2013 - 10:25

François Hollande et Angela Merkel annoncent un New Deal pour les 15-24 ans au chômage en Europe. Reste à déterminer quels sont les jeunes qui pourront en profiter: les diplômés ou les moins qualifiés ?

Merkhollande a un "New Deal" !  Pierre Moscovici, Michel Sapin, et leurs homologues allemands ont présenté hier, les grandes lignes d'une politique européenne visant à réduire le chômage des jeunes.

Berlin et Paris proposent :

  • De faciliter les crédits pour les PME
  • D'encourager les formations en alternance
  • D'accentuer la mobilité en Europe via un "Erasmus de l'alternance"

François Hollande et Angela Merkel comptent s'appuyer sur un premier investissement de 6 milliards d'euros promis par Bruxelles d'ici à 2020 et sur la Banque européenne d’investissement (BEI).

16 milliards de fonds structurels européens ont également été évoqués.

La BEI devrait pouvoir lever jusqu'à 10 fois la somme investie par Bruxelles, soit 60 milliards, ce qui fait avec les fonds structurels un total de 76 milliards. Mais pour ce faire, encore faut-il savoir quels jeunes seront aidés.

Politique sociale ou rentabilité économique 

De source proche de la BEI, on précise que la banque européenne n'apporte qu'une expertise et des financements à des projets durables en Europe. Elle a l'habitude de privilégier les investissements sur des projets dont les retombées économiques sont certaines.

La Banque européenne d'investissement pourrait donc lever des fonds qui alimenteraient les pôles recherche et développement de nombreuses PME. Elle s’assurerait ainsi d'un retour sur investissement et créerait indirectement des emplois pour les jeunes diplômés ayant au moins un bac + 3.

Mais que faire pour les 15-24 non qualifiés ? Ceux qui représentent l'écrasante majorité des inactifs chez les jeunes comme le rappelle une étude de l’Observatoire des inégalités.

La BEI n'est, a priori, pas habilitée à répondre à un tel problème social même s'il a pris une importance majeure.

Investir dans l'éducation et la formation, comme le souhaitent Paris et Berlin, c'est aussi mettre l'accent sur la rescolarisation par le biais d'écoles de la deuxième chance. Et là aussi, ce n'est pas de la compétence de la BEI.

La Commission européenne n'a, par ailleurs, toujours pas fait de propositions quant à l'utilisation des 6 milliards d'euros. La BEI doit attendre d'en savoir plus pour déterminer si elle pourra mobiliser des fonds pour participer au recul du chômage des jeunes.

Des chiffres affolants

Cette inertie des institutions bancaires et administratives européennes laisse planer bien des doutes sur la capacité de François Hollande et d'Angela Merkel à mettre en oeuvre rapidement leur "New Deal". Il y a pourtant urgence.

D'après les derniers chiffres près de 23,9 % des 15-25 ans dans l'Union européenne sont au chômage et le taux d'emploi pour eux a reculé trois fois plus vite que chez les adultes ces dernières années.

La Grèce (58.4 % de jeunes inactifs), l'Espagne (55.7 %) et le Portugal (38.2 %) comptent parmi les pays les plus frappés par ce fléau.

L’Allemagne est l'un des rares en Europe à avoir su gérer le chômage chez les 15 – 25 ans en mettant l'accent sur la professionnalisation pendant les études (formation en alternance…). Résultat : le chômage ne touche que 8% des jeunes. 




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