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Allemagne: papi et mamie bossent dur

mardi, 11 juin, 2013 - 14:17

Chiffre du jour: 36,4% c'est le pourcentage de l'augmentation des seniors allemands exerçant un mini-job entre 2003 et 2012, selon l'agence fédérale du travail. Un moyen de faire face à la précarité.

Selon l'étude datant d'octobre dernier, le nombre de seniors de plus de 65 ans exerçant une activité a fortement augmenté: en près d'une décennie, ils sont passés d'environ 600.000 en 2003 à 812.000 l'an dernier. Pour beaucoup, ces mini-jobs ne sont pas une option, mais une obligation.

Un retraité sur deux perçoit moins de 700 euros par mois

En effet, selon une étude menée en 2012 par la caisse d'assurance vieillesse d'Allemagne, un retraité sur deux percevait une pension inférieure à 700 euros par mois. Une somme qui ne permet pas de payer à la fois un loyer et les frais de chauffage.

Plus inquiétant encore, les seniors travaillent de plus en plus vieux. Toujours selon l'étude de l'agence fédérale du travail, les seniors de plus de 74 ans sont toujours plus nombreux à accepter des contrats de travail. Sur la période 2003-2012, le chiffre est passé de 77.000 à plus de 128.000.

Un syndrome surtout féminin

Ce sont les femmes qui sont les premières concernées par cette instabilité. Elles ont souvent renoncé à toute activité pour s'occuper de leurs enfants ou ont exercé un emploi à temps partiel. Ce parcours professionnel décousu explique notamment qu'elles aient souvent moins cotisé que les hommes et ne peuvent donc pas prétendre à une retraite à taux plein. 73% des femmes âgées percevaient moins de 700 euros par mois en Allemagne de l'Ouest en 2012, contre 57,25% "seulement" pour les hommes, selon l'hebdomadaire allemand Stern.

Peu de soutien de la part de l'Etat

Pour faire face à la précarité, il est possible de faire appel à des allocations d'Etat qui complètent les petites retraites. Pourtant, très peu de retraités y recourent. Beaucoup se sentent honteux de demander ces aides sociales et préfèrent y renoncer. D'autres ne connaissent tout simplement pas leur droits. De manière générale, les conditions requises sont trop nombreuses et excluent une part importante de la population.

L'année dernière, la ministre fédérale du travail, Ursula von der Leyen, avait donc entrepris, contre l'avis de sa majorité, de faciliter l'accession à ces allocations d'Etat pour 1,36 millions de personnes d'ici 2030, selon le Spiegel-online. Il s'agissait de compléter les mini-retraites pour qu'elles atteignent un seuil minimum de 850 euros.

Une mesure qui ne verra jamais le jour, car jugée trop coûteuse.




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