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Autriche: les étudiants allemands squattent les amphis

mercredi, 12 juin, 2013 - 12:10

Les étudiants allemands sont toujours plus nombreux à poursuivre leurs études en Autriche. Une situation qui engorge certains cursus et nuit aux jeunes Autrichiens. L’État veut limiter cet afflux.

L'engouement des étudiants allemands pour les facs autrichiennes n'est pas nouveau, mais il prend de l'ampleur. Près d'un étudiant sur neuf en Autriche est de nationalité allemande, révélait fin mai le quotient autrichien Kurier.

80% d'étudiants allemands dans certaines filières

Il ne faut pas que les étudiants autrichiens aient le sentiment qu'ils ne peuvent plus étudier en Autriche"

estime le ministre de la culture, Karlheinz Töchterle. Or, sur les douze dernières années, le nombre d'étudiants allemands poursuivant leur formation dans le pays est passé de 4.800 à 28.500. Cela s'explique notamment par la gratuité des études depuis 2008 et par des conditions d'admission souvent plus souples.

Dans certains domaines, cela prend des proportions extravagantes. C'est le cas pour la filière psychologie à Salzburg, suivie à 80% par des étudiants allemands. Même constat en sciences sociales ou pour la formation bucco-dentaire. Elisabeth Grabenwegen, la porte parole du ministre de la culture, reconnaît que "la situation est critique" et que le gouvernement doit remédier au problème.

Si le ministre affirme aujourd'hui que les Autrichiens n'ont rien contre les Allemands, le quotidien allemand Suddeutsche Zeitung dévoile que le phénomène conduit à des dérives. Une page Wikipédia répond aujourd'hui au mot clé "surabondance d'allemand" (Deutschenschwemme) et traite le sujet, statistiques à l'appui. Sur les forums internet, certains Autrichiens affichent leur exaspération:

Il faut arrêter de nous conduire en idiots en accueillant gratis les étudiants réfugiés"

ou encore:

La solution c'est d'instaurer un numerus clausus et sortir de l'Union Européenne".

"Il faut privilégier les étudiants autrichiens"

En 2005, un étudiant autrichien en médecine qui n'avait pas pu assister aux cours malgré son succès à l'examen d'entrée, avait saisi la Cour suprême autrichienne. Après de longues années, la Cour lui a donné raison en mai dernier. L'étudiant en question est aujourd'hui médecin mais l'Etat autrichien est tenu de le dédommager financièrement pour le préjudice subi.

Cette récente décision de la Cour suprême oblige désormais Vienne à donner aux universités les moyens de leur ambition. L'Autriche comptait demander à son voisin de payer la somme due puisque les étudiants allemands sont en grande partie responsables de la situation. La position allemande ne s'est pas faite attendre: "pas favorable…" a déclaré Elisabeth Grabenwegen, la porte parole du ministre de la culture allemand.

Face à ce refus, l'Etat autrichien entend favoriser les nationaux. "Dans les filières les plus demandées, il faut privilégier les étudiants autrichiens" reconnaît aujourd'hui Karlheinz Töchterle. C'est déjà le cas pour les facultés de médecine qui ont instauré depuis 2006 un quotas de 75% d'étudiants nationaux, avec l'aval de Bruxelles.

En 2010, la Cour de justice européenne avait estimé que la liberté de circulation des étudiants en médecine pouvait être limitée, si un pays manquait de médecin. Aujourd'hui, l'Etat veut renouveler cette norme en l'élargissant aux filières les plus demandées par les étudiants étrangers.




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