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Allemagne : oui aux déchets nucléaires… mais pas chez moi!

jeudi, 13 juin, 2013 - 14:37

L'Allemagne entend faire voter une loi pour la création d'un centre de stockage de déchets nucléaires, mais où? Malgré les résistances, les ministres-présidents des régions sont tout de même parvenus à se mettre d'accord... sur le fait qu'ils ne sont pas d'accord.

L'Allemagne est à la recherche d'un centre de stockage provisoire de déchets nucléaires avant début 2014, pour accueillir 26 conteneurs de produits radioactifs en provenance de la Hague, en France, et de Sellafied, en Grande-Bretagne. Peter Altmeier, ministre fédéral à l'environnement, propose de répartir ces conteneurs dans trois centres de stockages différents. Deux villes se sont déjà portées volontaires: Brunsbüttel (Schleswig-Holzstein) et Philippsburg (Bade-Württemberg), mais l'Etat fédéral allemand cherche en vain un troisième site.

Une pomme de discorde insoluble

Le gouvernement semble être dans une impasse. Les convois doivent parcourir le moins de kilomètres possibles sur le sol allemand, afin d'éviter de réveiller des mouvements anti-nucléaires tout juste endormis. Résultat, les Länder de la Hesse et de Bavière, très éloignés de la Grande Bretagne, font profil bas, bien trop contents de ne pas figurer parmi les candidats du gouvernement. Une situation qui a le don d'agacer les dirigeants des Verts et du parti social-démocrate (SPD) des autres Länder: ils ont le sentiment d'être les seuls à faire des concessions.

En effet, le gouvernement fédéral avait jusqu'ici posé comme condition de ne choisir que des régions dont l'accès était facilité par des ports. Une aubaine pour les Länder du sud qui pouvaient en profiter pour se désolidariser. Face à l'urgence de la situation, le ministre Altmeier change sa stratégie et exige des critères objectifs. Problème: chaque Land dispose d'un droit de veto pour refuser l'installation d'un centre sur son territoire.

Des refus en cascade

Pour le troisième centre de stockage, le ministre fédéral propose, entre autres, les villes de Brokdorf (Schleswig-Holstein) et Unterweser (Basse-Saxe). Le ministre de l'environnement du Schleswig-Holstein, Robert Habeck, est d'accord pour participer mais ne veut pas que son Land soit seul à faire des efforts. La ville de Brunsbüttel s'est déjà engagée pour accueillir entre 10 et 14 conteneurs.

Le Land est près à endosser une part de la responsabilité, mais sachez que ce ne sera plus le cas si nous avons le sentiment d'être la bonne poire",

déclare-t-il au Suddeutsche Zeitung. Et de poursuivre: 

Le fait qu'Altmeier (le ministre fédéral, ndlr) propose deux villes de notre Land n'est pas une solution, mais une provocation".

De son côté, le centre de stockage de Gorleben en Basse-Saxe est exclu d'avance. Le ministre-président de Basse Saxe, le socio-démocrate Stephan Weil, explique notamment que "le Land a déjà supporté depuis 20 ans la plus grosse partie des passages de convois nucléaires". Pour lui, il n'est plus question que la Basse-Saxe se fasse avoir plus longtemps. Une fois par an, à l'automne, le site de Gorleben était en effet pris d'assaut par les anti-nucléaires, opposés aux convois.

Le consensus des ministres-présidents pour retarder le vote de la loi est donc un échec pour le gouvernement. Dernier espoir en vue: si le parti social-démocrate (SPD) gagne les élections régionales en Hesse à l'automne, il promet d'accueillir les derniers conteneurs de déchets, et ainsi de dégripper la situation.




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