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Les facs britanniques en mal de mixité sociale

lundi, 17 juin, 2013 - 13:53

L'égalité des chances est un idéal très théorique dans le système éducatif britannique. Au sein des vingt meilleures universités du pays (Russell Group), la part des étudiants issus d'une école publique est en baisse.

Si l'on en croit le classement Pearson/ the Economist des systèmes éducatifs des pays développés datant de novembre dernier, la Grande Bretagne est doté d'un des meilleurs systèmes scolaires d'Europe, juste après la Finlande. Pourtant, les inégalités se creusent au Royaume-Uni entre les étudiants venant des classes aisées et ceux issus des milieux modestes. C'est le constat que dresse la commission sur la mobilité sociale. Dans un rapport publié ce lundi, elle invite le gouvernement et les universités à réagir.

De moins en moins d'étudiants issus de milieux défavorisés à la fac

Trop d'universités ne sont pas assez ambitieuses pour améliorer la démocratisation de leur accès. C'est pourtant l'un des objectifs fixés par les accords signés avec l'OFFA"

explique Alan Milburn, membre de la commission. L'OFFA (The Office for Fair Access) est une institution publique indépendante qui aide à promouvoir un accès plus juste au système éducatif. Elle oblige notamment les établissements ayant des frais d'inscriptions élevés (les établissements privés) à développer en parallèle un système de bourses pour les étudiants défavorisés. Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.

Nicola Drandridge, chef exécutif du lobby des universités britanniques, se défend:

Les établissements approuvent de nombreuses recommandations proposées par le rapport. L'université tient compte d'une série de facteurs, au-delà des notes des candidats".

Mais ces démarches montrent leurs limites: dans les meilleures universités du pays, il y a aujourd'hui 126 étudiants issus de milieux défavorisés en moins par rapport à 2003.

Plus inquiétant encore, il semble que cet infléchissement soit récent et s'accentue. Malgré les mesures destinées à faciliter l'accès des universités prestigieuses aux étudiants désargentés, les 20% des jeunes les plus aisés ont 8 fois plus de chances d'y entrer que les 20% les plus modestes. La commission gouvernementale invite donc les universités à baisser au plus vite leurs frais d'inscription pour arrêter l'hémorragie.

Des étudiants pourtant brillants

Le niveau des étudiants n'est pas un facteur d'explication de cette tendance, bien au contraire. Si l'on en croit deux études menées par la Oxford Brookes University et la Cardiff University, les étudiants issus des écoles publiques obtiennent de meilleurs résultats à la fac que leurs homologues des écoles privées. De quoi amener certains établissements à repenser la légitimité de leur critères de sélection.

Selon le département gouvernemental des affaires, de l'innovation et du savoir-faire, l'avantage est inversé à l'école et au lycée: les étudiants des écoles publiques obtiennent des notes légèrement plus faibles que celles des étudiants des écoles privées durant leur scolarité. L'étude montre ainsi que les établissements privés ont tendance à surnoter leurs étudiants. Une manière d'expliquer pourquoi les étudiants défavorisés qui parviennent à l'université via les établissements publics se montrent en moyenne plus doués que leurs pairs.

repéré sur the guardian




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