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Nouvelle vague: les Espagnols émigrent au Maroc

lundi, 17 juin, 2013 - 14:03

En Espagne, quitter le pays pour trouver du travail est devenu une évidence. Ce qui l'est moins, c'est le nombre croissant d'Espagnols qui s'expatrient au Maroc. Une situation étonnante dans un pays traditionnellement terre d'immigration pour les Marocains. 

Avec un taux de chômage proche de 30%, certains Espagnols n'ont plus le choix. Pour trouver du travail, ils n'hésitent plus à franchir les frontières, voir les mers. En l'occurrence la Méditerranée qui ne sépare l'Espagne du continent africain que d'une quinzaine de kilomètres. Depuis plusieurs années, les migrants franchissent le Détroit de Gibraltar à destination de la péninsule ibérique. Désormais le flux semble s'inverser.

Le Maroc une alternative non-négligeable

La ville de Tanger, sur le littoral marocain, a vu sa population espagnole doubler en 10 ans. Au total, le nombre d'expatriés au Maroc est passé de 3000 en 2003, à 10 000 en 2013. Selon les autorités marocaines, ce nombre serait encore plus important si l'on tient compte des immigrés espagnols en situation irrégulière.

Ils son attirés par les rémunérations, et le faible de coût de la vie. Si le salaire moyen au Maroc n'est que de 215 euros, celui réservé aux professionnels qualifiés peut atteindre 2000 euros net. Un revenu qui engendre un pouvoir d'achat important dans le Royaume. Le Maroc offre de nombreuses opportunités dans certains secteurs tels que l'architecture, la gastronomie ou l'enseignement. Autant de raisons qui poussent les Espagnols à franchir le détroit.

Paul, un architecte madrilène de 47 ans, ne trouvait pas de travail dans son secteur. Avec le déficit d'architectes au Maroc, il a vite été satisfait. Il travail actuellement pour un cabinet à Casablanca, rémunéré 16 000 dirhams soit 1 500 euros net. Dans l'enseignement, Maribel 53 ans a su tiré profit de sa formation en littérature arabe. Selon elle, un professeur peut vivre beaucoup mieux qu'en Espagne.

Cependant l'intégration à la société marocaine n'est pas toujours aussi simple que l'intégration professionnelle. Maribel met en avant l'influence de la religion dans la vie quotidienne. Une situation qui pousse les expatriés à vivre dans une forme de "bulle" communautaire. Le cas de Paul, homosexuel, est encore plus difficile. 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

L'immigration n'est, en fait, plus seulement espagnole mais européenne, notamment française. Face à cette recrudescence, le ministère marocain de l'Intérieur a exhorté les professionnels à se conformer à la loi et aux formalités administratives marocaines.

Le Royaume devrait toutefois en tirer profit. Le taux de croissance enregistré par l'économie marocaine était de 2,7 % en 2012. Selon les chiffres rapportés par l'hebdomadaire de Casablanca "La vie économique", le Haut Commissariat au Plan (HCP) table sur une croissance de 4,8 % en 2013.


Repéré dans Lainformacion.com
 




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