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Le baccalauréat n’est plus un modèle en Europe

mardi, 18 juin, 2013 - 11:58

Cette semaine des milliers de lycéens français ont débuté les examens du baccalauréat. Tradition bien française, depuis son instauration en 1808, certains considèrent le baccalauréat comme archaïque et souhaitent le réformer sur le modèle d'autres pays européens. 

Chronique sur RFI - Le Bac en Europe by Myeurop

Le baccalauréat est une institution en France. Chaque année, à la veille de cet examen, il est de bon ton de s'interroger sur son avenir.

D'abord parce qu'il coûte cher à l'Etat. Selon le Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEP), la facture s'élèverait pour 2013 à plus d'1,5 milliards d'euros en France. Un coût qui englobe la préparation des épreuves estimées à 74 millions d'euros. Ensuite, les modalités de l'examen divisent l'opinion publique. Selon un récent sondage, 53 % des français souhaitent passer au contrôle continu.

Le baccalauréat doit-il pour autant être supprimé ? Peut-on envisager de combiner contrôle continu et examen final comme la majorité de nos voisins? Dans une dizaine de pays, on préfère le "test de maturité" à la notion d'examen. Il s'agit d'une forme de certificat d'aptitude aux études supérieures qui évalue les notions acquises et le développement intellectuel.

L'examen final perdure encore

L’Irlande dispose d'un baccalauréat à la française, avec le "Leaving Certificate" à la fin des études secondaires. Il est d'autant plus important qu'à l’inverse de la France, les universités irlandaises tiennent compte des notes obtenues à cet examen final pour sélectionner les futurs étudiants.

En Espagne, le "Bachillerato" est le certificat qui conclut les années d'enseignement secondaire. Mais contrairement à l'Irlande, les jeunes espagnols doivent également passer un examen appelé la "Selectividad". Cet examen est organisé par les universités sur trois jours entre juin et septembre. La filière médecine requiert la mention "très bien" au Bachillerato.

En Belgique, il n'y a pas de bac, mais un simple "Certificat d'Enseignement Secondaire Supérieur" (CESS) qui donne accès à l'Université. La Wallonie et la Flandre ont leur propre régime d'examen. Les épreuves portent sur la connaissance du français et des mathématiques, de l'histoire et de la géographie, d'au moins une langue moderne et de matières qui dépendent de la filière choisie par l'élève. L'ancien "Examen de maturité" ne s'applique désormais plus qu'aux étudiants étrangers qui souhaitent faire valoriser un diplôme en Belgique.

Le contrôle continu s'impose

Souvent le contrôle continu vient compléter l'examen final.

En Italie, les notes acquises durant l'année comptent pour 20 %. L’Esame di stato se fonde sur 3 épreuves écrites et une épreuve orale. Cette dernière épreuve est importante car elle aborde toutes les disciplines vues au cours de l'année. La note minimum pour l'obtention du diplôme est de 60 points sur 100. On retrouve le même système au Danemark et en Norvège où les lycéens reçoivent un certificat de fin d’étude.

Aux Pays-Bas, c'est un examen final – eindexamen – qui détermine l'aptitude à une profession ou l'entrée dans l'enseignement supérieur. Cet examen diffère selon que l'étudiant sort d'une filière technique, professionnelle ou d'enseignement général (théorique). Le résultat final tient compte des notes de l'année et de l'eindexamen. Une partie de l'examen est organisée au niveau national.

En Allemagne, les lycéens passent l’Abitur. Les modalités du contrôle sont différentes selon les Länder. Les jeunes Allemands sont évalués en fin d'année par leurs professeurs et d’autres enseignants extérieurs. Chaque copie est soumise à une double évaluation. Si un trop grand écart apparaît entre les notes, on procède à une troisième évaluation. 

En France, notamment en Alsace et Lorraine, et dans les Länder allemands limitrophes, un examen binational a vu le jour. Certains élèves de classes européennes ou bilingues peuvent ainsi passer l'Abibac. Cette double épreuve délivre à la fois le baccalauréat français et l'Abitur allemand. 

En Suède, l'examen final a tout simplement été supprimé. L'entrée à l'université se base sur les notes de la dernière année de lycée appelée la "Gymnasieskola".

Même chose en Grèce où il n'y a pas d'examen final. Ce sont les universités qui organisent la sélection à l'entrée sur le modèle espagnol de la "Selectividad".

Comme de coutume, la Grande-Bretagne se distingue. Pas d'examen final pour les lycéens britanniques, mais un contrôle continu appelé "A-Level". Ces derniers doivent valider trois matières au choix selon le cursus qu'ils veulent suivre plus tard. Ils récoltent la note "U" en cas d'échec. Ce système pousse les lycéens britanniques à s'orienter et donc à s'impliquer très tôt dans leur projet professionnel.

Les baccalauréats transnationaux, ça existe!

Mais le bac n'a pas dit son dernier mot. Il s'européanise et s'internationalise. Avez-vous déjà entendu parler du baccalauréat européen ou "European baccalaureate" ? Il peut être obtenu après sept années d’études dans une des 14 écoles européennes implantées dans sept pays différents (Belgique, Italie, Espagne, Grande Bretagne, Luxembourg, Allemagne, Pays-bas). Et il existe son pendant international, le "International baccalaureate" (IB).

Ces deux modèles sont loin d’être gratuits. À titre d’exemple, il en coûtera 5.067,74 euros aux parents d’un lycéen pour l’inscrire un an à l’École européenne de Bergen. Quant à l'International baccalaureate, si vous décidez d’inscrire votre enfant à l'American school of Paris au niveau lycée, le "upper school", le montant des frais annuels s’élève à 27,500 euros. Baccalauréat ou pas, ce n'est donc pas l'examen qui fait la sélection mais les revenus des parents.




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