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Taksim: la mobilisation étouffée

lundi, 17 juin, 2013 - 15:18

Alors que la mobilisation stambouliote faiblit, Amnesty International dénonce les conditions d'évacuation des manifestants et la violence des autorités. 

Samedi 15 juin, le Premier ministre turc a choisi de passer à l'offensive. Après deux semaines de contestations et un ultimatum lancé aux protestataires, les unités policières anti-émeutes ont vidé le parc Gezi et dispersé les milliers de manifestants stambouliotes. Non sans excès, dénoncés par Amesty International et plusieurs acteurs de la communauté internationale.

J'ai vu les policiers utiliser des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour évacuer le parc Gezi. (…) la police a utilisé des balles en plastique et arrêté des médecins qui soignaient les blessés dans les hôpitaux improvisés installés sur place", 

témoigne Andrew Gardner, spécialiste de la Turquie à Amnesty International. L'ONG attire aussi l'attention sur les méthodes de la police turque, qui refuse de reconnaître qu'elle détient des manifestants. Ils auraient pourtant été plus d'une centaine à être arrêtés dans la nuit du 15 juin selon Amnesty International, et près de 600 le lendemain à Ankara et d'Istanbul, selon les déclarations des barreaux des deux villes.

Après une nuit de violences policières effroyables, les autorités refusent maintenant aux manifestants arrêtés les garanties d'une procédure régulière", 

a déclaré Andrew Gardner.

Le Conseil de l'Europe, de son côté, a fait part de ses inquiétudes face à une escalade supplémentaire de la violence. Quant à l'Allemagne, qui abrite une importante communauté turque, elle a appelé la Turquie à respecter la liberté de manifester et d'expression. Angela Merkel a jugé "beaucoup trop dure" la répression des manifestations:

Ce qui se passe actuellement en Turquie ne correspond pas, selon moi, à notre conception de la liberté de manifestation et d'expression des opinions"

a déclaré la chancelière sur la chaîne de télévision allemande RTL.

Selon le dernier bilan portant sur l'ensemble de la mobilisation du syndicat des médecins turcs publié la semaine dernière, 4 personnes sont mortes et près de 7.500 autres ont été blessées. 

Hier, lundi 17 juin, les stambouliotes n'étaient que quelques milliers à répondre dans la rue à l'appel des syndicats pour dénoncer la répression gouvernementale. La veille, le vice-Premier ministre Bülent Arinç avait menacé de faire intervenir l'armée contre les éventuelles manifestations.




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