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Sept ans pour Berlusconi: le coup de grâce?

lundi, 24 juin, 2013 - 17:06

Accusé d'incitation à la prostitution de mineure et d’abus de pouvoir, le Cavaliere a été condamné à sept ans de prison et interdit à vie d’exercice dans la fonction publique. Mais la peine est suspendue, la défense ayant annoncé qu’elle fera appel.

Le procureur de la République avait requis six ans de prison contre Silvio Berlusconi dans le cadre du procès Ruby. Les juges du tribunal de Milan ont eu la main lourde et lui ont infligé sept ans. Une peine assortie d’une interdiction à vie d’exercer dans la fonction publique qui sera toutefois suspendue, la défense ayant annoncé qu’elle fera appel dès demain.

Nous ferons appel puis nous irons en cassation si besoin"

a déclaré l’avocat Niccolò Ghedini.

Abus de pouvoir et prostitution de mineure

Dans cette affaire, le Cavaliere était poursuivi pour prostitution de mineure présumée et abus de fonction. Selon le procureur de la République Ilda Bocassini, l’ex chef du gouvernement italien aurait eu des relations sexuelles rémunérées avec une jeune Marocaine. Plus connue sous le nom de Ruby, elle était âgée de 17 ans au printemps 2010.

Arrêtée pour un menu larcin en juillet 2010, la jeune fille aurait été libérée quelques heures plus tard sur pression de Silvio Berlusconi. En effet, selon l’accusation, l’ancien président du Conseil italien aurait téléphoné au commissariat et affirmé que Ruby était la nièce de l’ex président égyptien Hosni Mubarak.

Déjà plusieurs fois condamné

Depuis sa descente dans l’arène politique italienne en 1994, Silvio Berlusconi a déjà été condamné à 11 ans et cinq mois de prison dont trois annulés par amnistie, pour corruption, faux en bilan et financement illicite d’un parti politique.

Les avocats du Cavaliere ayant ponctuellement fait appel, aucun de ces jugements n’a été jusqu’à présent définitif. Mais sur le plan politique, cette condamnation pour prostitution de mineur et abus de fonction est un véritable coup de grâce.

Après la lecture du verdict, les députés du Mouvement 5 Stelle (5 étoiles) ont annoncé qu’ils présenteront un projet au parlement et au sénat pour interdire à Silvio Berlusconi de participer à toutes les compétitions électorales. La chose a toutefois peu de chances d’aboutir, les démocrates ne voulant pas courir le risque de faire tomber le gouvernement d’unité nationale qui compte plusieurs représentants de la droite berlusconienne. 

Grand-écart des réactions dans la classe politique

Tout en affirmant que le verdict n’aura aucune répercussion sur le gouvernement d’unité nationale, la droite berlusconienne a qualifié le jugement "d’acte politique visant à miner la carrière politique du Cavalier".

Il n’y a aucune preuve, aucun crime n’a été commis. Ce verdict mine la démocratie et inscrit l’Italie dans la liste des pays où la démocratie est en danger"

a tonné l’ancien président du Sénat Renato Schifani. De l'autre côté de l'échiquier politique, en revanche, certains représentants de la coalition de centre-gauche ont estimé "que ce verdict prouve l’égalité de tous les citoyens devant la loi".

Et maintenant? Les avocats de Silvio Berlusconi déposeront leur demande d’appel d’ici la fin de la semaine. Le procès devrait commencer après l’été, c'est-à-dire en octobre ou en novembre prochain.

Un procès de plus pour le Cavaliere

Entre-temps, le Cavaliere devra se préparer à un autre choc: la dernière étape du procès Mediaset. Dans cette affaire, l’ancien président du Conseil est accusé d’avoir gonflé le prix payé pour l’achat de droits de séries télévisées. Il aurait utilisé des sociétés écrans placés sous son contrôle et créé des caisses noires.

En appel, Silvio Berlusconi a été condamné le mois dernier à quatre ans de prison dont trois couverts par une amnistie et l’interdiction d’exercice dans la fonction publique pendant cinq ans. Une condamnation qui devrait selon plusieurs sources juridiques, être confirmée d’ici la fin de l’année par la cour de cassation. 




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