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Munich: des demandeurs d’asile en grève de la faim

mercredi, 26 juin, 2013 - 13:15

Une centaine de réfugiés politiques occupent le centre ville de Munich depuis samedi. Objectif: améliorer les conditions d'accueil, déplorables, qu'ils subissent. Ils durcissent leur position en entamant une grève de la faim.

Ils viennent de Syrie, d'Iran, d'Afghanistan, du Bangladesh. Tous ont renoncé à leur pays d'origine pour fuir les mauvais traitements. Aujourd'hui, c'est le désenchantement: installés depuis des mois dans la capitale bavaroise, ils ont le sentiment d'être abandonnés par le gouvernement. La protestation intervient alors que le chiffre des réfugiés ne cesse d'augmenter: entre janvier et avril, près de 27.000 demandeurs d'asile ont rejoint le pays, soit 73% de plus que l'année dernière!

A Munich, des conteneurs pour les réfugiés

La Bavière, région la plus prospère d'Allemagne, est la première destination des demandeurs d'asile dans le pays. Face cet l'afflux, Munich ne manque pas de volonté mais de moyens; c'est du moins ce qu'affirment les autorités.

En raison du nombre toujours grandissant de réfugiés, la situation se dégrade",

lançait Christian Ude, le maire social-démocrate de Munich à l'attention du premier ministre de la région. Les premières mesures destinées à contenir les flux ne suffisent plus. La ville a même appelé les hôtels et les foyers à contribuer à l'effort.

Nous venons de désamorcer l'urgence qui nous menaçait, car 176 places d'accueil supplémentaires ont été créées dans les casernes de la région",

indiquait la vice chef administrative de la Haute-Bavière au début du mois. Une mesure bien trop frileuse face à l'ampleur des évènements.

Le maire a écrit ces dernières semaines à la ministre régionale des affaires sociales, sans suite. Isolé, Christian Ude tente de remédier à la situation en improvisant. Des hébergements aménagés dans des conteneurs ont été mis à disposition des réfugiés. En 2009, la ministre régionale des affaires sociales avait pourtant exigé leur fermeture en raison de la vétusté des lieux: les murs sont couverts de moisissures et les rats y ont élu domicile.

Preuve de la bonne volonté de Munich, un centre d'accueil des réfugiés a été fondé dès 2008. Refugio a pour vocation de "soutenir les personnes qui ont dû quitter leur pays d'origine pour cause de torture, de persécution politique ou de conflits armés". Des cours d'allemands, des psychothérapies et des suivis sociaux sont dispensés. Seule ombre au tableau: Refugio accueille chaque année 1500 demandeurs d'asile. Aujourd'hui, ils sont 60 par jours à se presser aux portes de Munich!

La manif de la dernière chance

La journée mondiale des réfugiés, samedi dernier, a rapproché les mécontents et renforcé leur détermination. Les réfugiés ont recouvert la place du marché au centre de Munich avec des tentes et des installations précaires. Malgré la pluie, ils sont une centaine à occuper les lieux sur des matelas de fortune.

Tout ce que nous voulons, c'est ouvrir nos yeux le matin et ne plus nous retrouver isolés dans ces camps de réfugiés",

témoigne l'un d'eux dans le Süddeutsche Zeitung. Une grève de la faim a débuté il y a quelques jours. Si le gouvernement continue à faire la sourde oreille, les manifestants ont déclaré qu'ils cesseront aussi de s'hydrater.

Face à l'immobilisme des autorités gouvernementales, une solidarité de proximité se met en place. Des habitants ont affirmé leur soutien aux manifestants. Ils leurs apportent des sacs de couchage et des vêtements secs, faute de mieux.




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