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Pourquoi Albert II, roi des Belges, abdique

mercredi, 3 juillet, 2013 - 15:38

Le roi Albert vient d'annoncer son abdication en faveur de son fils, Philippe, Duc de Brabant. Les récentes attaques de sa fille illégitime, Delphine Boël, ont-elles précipité les événements ?

Ce soir à 18 heures, le roi des Belges, Albert II a annoncé son abdication au profit de son fils, le prince Philippe. Une allocution attendue dans tout le royaume, secoué depuis des mois par des rumeurs contradictoires.

Le discours, présenté sur les quatre grandes chaînes de télévision et sur les stations de radio, a été suivi à 18h15 d'une déclaration par Elio Di Rupo, le premier ministre belge, en présence du Conseil des Ministres restreint. Le caractère officiel de cette annonce laissait peu de place au doute quant à son contenu: récemment, Delphine Boël, la fille illégitime du roi avait assigné en justice son père, les princes Laurent et Philippe ainsi que la princesse Astrid. Elle exigeait un test ADN qui prouverait sa filiation.

Confirmation de rumeurs persistantes

Cela faisait des mois que la rumeur courait : Albert II, 79 ans, est fatigué et va abdiquer. L'annonce officielle d'une allocution sur les quatre grandes chaînes de télévision ce soir ne laissait pas de doute sur les intentions du roi. Le journal flamand De Standaard citait d'ailleurs une source ministérielle et parlait ouvertement d'une abdication le 21 juillet prochain, jour de la fête nationale.

Est-ce l'attaque en justice de sa fille illégitime Delphine Boël qui a décidé le roi à franchir le pas? Longtemps cachée au public, l'existence de cette fille née d'une idylle avec la baronne Sybille de Sélys Longchamp, a été révélée dans la biographie que l'auteur flamand Mario Danneels a consacrée à la reine Paola en 1999. Née le 22 février 1968, alors que sa mère était toujours mariée avec le baron Boël, Delphine est aujourd'hui artiste multimédia et vit à Londres.

Une monarchie fragilisée

Le 17 juin dernier, les médias belges diffusaient l'incroyable nouvelle: Delphine, lassée de n'être pas reconnue, attaque le roi en justice! Elle réclame rien moins qu'un test ADN sur la personne d'Albert, mais aussi sur ses autres enfants.

Les spéculations sur l'abdication d'Albert repartaient d'un bon train. Malgré les dénégations du palais royal et de l'entourage du roi, on sentait la monarchie fragilisée par ce nouveau coup dur.

Un roi que rien n'avait préparé à régner

Albert II est monté sur le trône de Belgique par accident: c'est son fils Philippe qui, en toute logique, aurait dû succéder à Baudouin. Mais la mort inopinée de ce dernier dans sa villa de Motril, en Espagne, le 31 juillet 1993, a précipité les choses. Rien ne préparait Albert à devenir roi: on le croisait plus volontiers en moto sur les routes de province que sous les ors du palais de Laeken. Et lors de la cérémonie du couronnement, ses tremblements d'émotion ont fait dire aux mauvaises langues qu'il souffrait de la maladie d'Alzheimer.

Pourtant, cet homme allait se révéler dans la crise: lors de la longue vacance de gouvernement (541 jours, un record mondial !) il allait multiplier consultations et négociations et devenir le symbole de l'unité de ce pays improbable…

L'invocation des problèmes de santé

Dans son discours de ce soir, le roi a invoqué son âge – "je viens d'entrer dans ma quatre-vingtième année" – ainsi que des problèmes de santé.   "Ce serait manquer à mes devoirs et à  ma conception de la fonction royale que de vouloir me maintenir en exercice à tout prix" a ajouté le souverain.  Il a également évoqué une "institution monarchique qui doit évoluer avec son temps".

C'est un discours très digne, qu'Albert II a prononcé debout, en français et en allemand sur les chaînes francophones et en néerlandais dans les médias flamands.   Un discours qui désigne clairement le successeur du roi et qui réaffirme sa confiance dans son fils, Philippe.

Un discours appuyé par le premier ministre Elio Di Rupo

Un discours d'autant plus fort, au niveau symbolique, qu'il est appuyé par le gouvernement rassemblé en comité restreint : symbole d'unité du pays, adressé à l'ensemble des citoyens, certes, mais aussi adresse aux partis tentés par le confédéralisme, voire l'indépendance de la Flandre.

Une décision à laquelle le discours ému d'Elio Di Rupo a rendu hommage.  Le premier ministre a également exprimé la gratitude du gouvernement et affirmé sa confiance dans le futur souverain.  Il a enfin a appelé la population à célébrer le 21 juillet prochain, date de la fête nationale mais aussi celle du passage du flambeau.

Un pari osé sur l'avenir de la Belgique

Aujourd'hui, la même question lancinante se pose: Philippe, Duc de Brabant, est-il prêt à succéder à son père? A 53 ans, il ne semble pas mieux préparé que ne l'était Albert. Ce dernier ne l'a jamais associé à l'exercice du pouvoir. Contrairement à Beatrix des Pays-Bas qui a donné à son fils Willem Alexander de multiples occasions de l'assister dans sa tâche.

Ce soir, en sait un peu plus sur l'avenir de ce pays: un changement de monarchie aujourd'hui, alors que les séparatistes de la N-VA risquent de devenir la première force politique de Belgique. Un pari pour le moins risqué!




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