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Santé: Cameron veut faire payer les immigrés

jeudi, 4 juillet, 2013 - 10:15

Les étudiants et travailleurs étrangers devront payer chaque année, pendant cinq ans, une taxe de 200£ (233€) pour couvrir leurs besoins de santé. C'est du moins la proposition soutenue hier par Jeremy Hunt, ministre britannique de la santé.

Le système de santé publique du Royaume-Uni est en danger et les étrangers doivent contribuer à le sauver affirme le ministre de la santé britannique, Jeremy Hunt. Les immigrants légaux hors Union européenne doivent également être mis à contribution par souci d'équité vis-vis des Britanniques ajoute le ministre du gouvernement Cameron.

Il propose une taxe de 1000 £ (1170 €) censée couvrir les besoins de santé des immigrés pendant cinq ans, soit 200 £ par an. Au delà de cette date, les contributions s'aligneront sur celles des Britanniques. La mesure sera discutée au sein du gouvernement et devrait être incluse dans grand plan sur l'immigration, au plus tard cette année.

"Notre système de santé n'est pas un service international"

Aujourd'hui, les étudiants et travailleurs immigrés non communautaires présents sur le sol britannique pour une durée égale ou supérieure à six mois doivent faire une demande de visa. Une démarche qui a un coût: tout immigré doit s'acquitter des frais de procédure à hauteur de 500£ en moyenne. Mais dès lors qu'ils sont en possession du document, il ont accès au système de santé publique gratuit.

Or chaque année, 270.000 immigrés légaux hors Union Européenne arrivent dans le pays rappelle le Guardian. Indiens et Chinois représentent, notamment, 15% des visas délivrés.

Pour faire face à cette inégalité de traitement, les immigrants présents plus de six mois sur le territoire devront désormais s'acquitter de cette taxe de 200£ par an. Selon David Cameron, une famille britannique contribue annuellement à hauteur de 5.000£ au système de santé.

Nous avons l'un des systèmes de santé les plus avantageux pour les immigrants. Il devient si facile d'obtenir un numéro d'affiliation que c'est la porte ouverte au système dans son ensemble"

explique Jeremy Hunt. Et d'ajouter au micro de la BBC: "Notre système de santé n'est pas un service international".

Par ailleurs, le ministre a également annoncé que les immigrants hors UE présents sur le sol britannique pour une période inférieure à six mois ne pourront plus avoir recours à des médecins traitants gratuitement. Ils devront s'acquitter des mêmes frais que pour une prise en charge à l'hôpital. Là encore, cette mesure vise en particulier les touristes étrangers qui coûtent au contribuable britannique 12 millions de livres par an, selon les chiffres officiels.

"Une exception pour les porteurs du VIH et de la tuberculose"

L'Association Médicale Britannique et le Collège Royal des Praticiens Généraux ont affiché leur scepticisme. Pour eux, cette mesure pourrait avoir de sérieuses répercussions sur la situation sanitaire. Clara Gerada explique:

Nous ne voulons pas voir des gens susceptibles d'être porteurs d'infections hésiter à aller voir un généraliste du fait des honoraires"

Pour le Dr. Richard Vautrey: "Ce serait clairement discriminatoire qu'un médecin demande les papiers d'un patient qui a l'air étranger ou qui s'exprime mal". Une pratique évidemment proscrite au sein des hôpitaux, selon le mail Online.

La ministre libérale-démocrate Sarah Teather ajoute que la mesure porterait préjudice au pays tout entier et va dissuader les personnes voulant s'installer en Grande Bretagne de le faire.

J'ai cru comprendre que le Royaume-Uni était un pays ouvert au business. Avec cette mesure, le pays se ferme, ni plus ni moins."

déplore-t-elle.

Dans un tweet, Diane Abbott, membre du parti travailleur (Labour party) va jusqu'à parler de "xénophobie", d'une "stigmatisation des étrangers".

Pour contrer les critiques, le ministre de la santé se veut rassurant. D'une part, il sera toujours possible aux citoyens de l'Union Européenne d'avoir accès au système de santé britannique gratuit, grâce à la carte européenne d'assurance maladie, mais le gouvernement souhaite que le coût soit pris en charge par leurs pays d'origine.

D'autre part, "il y aura une exception pour les porteurs du VIH ou de la tuberculose", a expliqué Hunt. Enfin, il ne saurait être question d'interdire l'accès aux soins dans les urgences.


Repéré sur le Guardian
 




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