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Le tranchant business de Ricardo Lop

mardi, 9 juillet, 2013 - 16:01

C'est l'histoire d'un petit vendeur de couteaux et d'épées, parti à l'assaut du e-commerce, depuis son village de Teruel. Ou l'improbable success story de Ricardo Lop, l'homme aux 40.000 clients. Portrait tranchant d'un Espagnol qui réussit.

Sur le papier, Ricardo Lop n'était pas prédestiné au succès. Point de connaissances informatiques pointues ni de diplôme d’une grande école: tout juste a-t-il fini l’école primaire. Mais c'est bien connu, les success stories se font avec d'autres ingrédients que les lignes d'un CV. Ricardo Lop, lui, a construit la sienne avec une connexion Internet et des couteaux. Au point de devenir célèbre en Espagne.

40.000 clients dans le monde

Ricardo Lop s'est rendu compte que le marché du couteau ne pouvait se résumer à son magasin de vente en gros. Et que la demande existait dans d'autres provinces espagnoles et même ailleurs dans le monde. Pour la satisfaire, nul besoin d’une chaîne de boutiques. Ricardo se précipite alors sur Internet. Bingo.

Il vend aujourd'hui ses couteaux à Cuenca comme à Taïwan, le tout depuis son village de Castelserás (700 habitants). Pas de boutique physique donc… mais 40.000 clients. Ils sont en Egypte, à Tokyo, Taïwan, Madagascar, ou en Allemagne.

L'entrepôt est au village. Pas de plaque, ni nom de société. C’est pourtant bien ici que se trouve le siège de Aceros de Hispania. Rien sur le bâtiment ne laisse supposer que se trouve là un florissant business online.

Il y a 15 ans, le premier business online de la province

Les parents de Ricardo étaient boulanger et agriculteur. La famille s'agrandissant, le père décide d’ouvrir un magasin. Il transmet à ses enfants un certain esprit d'entreprise: tous les rejetons Lop ont monté leur propre magasin. Mais le business de Ricardo est le plus original de tous. "J’ai créé le premier business online de Teruel, en 1999", dit-il avec orgueil.

À l'époque, je n’avais pas la moindre idée du fonctionnement d’Internet, mais j’ai décidé de m’inscrire à un cours sur l'utilisation du courrier électronique en 1998. Ce fut mon premier contact avec le Net",

se souvient-il. Aujourd'hui, le coutelier possède son compte Twitter et un profil Facebook.

La spécialisation coutelière est le fruit du hasard: "Dans les étagères du magasin de mon frère il y avait plusieurs catalogues. Un jour j’ai commencé a les feuilleter et je suis tombé sur celui des couteaux. Ça aurait pu être des vélos, mais c’étaient des couteaux!", explique Ricardo, pragmatique.

"Je lis mes mails entre deux biberons"

Quatorze ans plus tard, son entreprise expédie 9.000 colis et affiche un chiffre d’affaire annuel de 700.000 euros. Il n’est pas le seul à avoir un business online dans la région: "C’est une question de survie, car ici, il n’y a rien".

Cet homme d’affaire occupé de 48 ans -difficile de le joindre au téléphone!- est aussi père de famille. Marié, il a trois enfants, dont deux nourrissons.

Difficile de ne pas regarder le courrier éléctronique même le week-end, ne serait-ce que pour dire à un client : 'On vous envoie le colis lundi'. Cela m’arrive même durant la nuit… Je me lève pour préparer les biberons et je me retrouve à lire mes mails pendant que le lait chauffe dans le micro-onde!"

s'amuse-t-il. "Il faudrait que j'arrête, mais je n'y arrive pas!".

Du couteau suisse à l'épée

Etonnement, le secteur est porteur. Les produits phares de son magasin sont les couteaux, bien sûr, mais pas seulement. Le web-entrepreneur a su se diversifier, et vend "beaucoup de couteaux de cuisine ou de poche, des fouets en cuir et des allumettes imperméables". La plupart de ses fournisseurs sont espagnols mais il achète aussi en Suisse et en Allemagne…

Sa notoriété lui apporte de prestigieux clients.

Nous avons vendu des couteaux suisses à l’usine Nestlé, des épées au Théâtre Royal de Madrid, à l’Opéra de Londres. Et même des couteaux pour la célèbre série Torrente, de Santiago Segura!"

Le Net peut mettre le monde sur le palier de votre magasin…




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