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Les cinq préjugés capitaux qui affolent les Anglais

lundi, 15 juillet, 2013 - 13:32

Les Anglais seraient-ils tous paranos? Selon une récente étude, les Britanniques ont une vision faussée des phénomènes sociétaux qui touchent le Royaume-Uni. En cause, la crise de confiance entre médias, citoyens et politiciens. Florilège des cinq préjugés les plus tenaces dans l'esprit des anglo-saxons.

Ils sont fous ces Anglais! D'après une enquête menée pour the Royal Statistical Society and King's College London, les Britanniques ont une légère tendance à exagérer la réalité… voire à complètement la déformer. Florilège des cinq préjugés les plus tenaces dans l'esprit des anglo-saxons.

1)   La grossesse des adolescentes. Pour les habitants du Royaume-Uni, le taux de grossesse chez les adolescents est 25 fois supérieur à la réalité. Les sondés évaluent à 15% le nombre de petites anglaises enceintes de moins de 16 ans. Mais dans la vraie vie, le chiffre ne dépasse pas les… 0,6%.

2)      La criminalité. Pour 58% des Britanniques, elle ne baisse pas. Et tant pis pour les estimations publiées par le Crime Survey for England and Wales, qui montrent que les crimes ont chuté de 19% entre 2006 et 2012.

3)     Le nombre de musulmans au Royaume-Uni. A en croire les sondés, l'île est presque envahie par les adeptes de l'Islam, puisqu'ils représenteraient 24% de la population. Or, en prenant en compte l'Angleterre et le Pays de Galles, les musulmans ne constituent que 5% de la population totale.

4)   L'invasion étrangère. Pour les Anglais, 31% de la population est issue de l'immigration. Dans les faits, les ex-migrants n'incarnent que 11% de la population. 14% si l'on inclut les personnes non blanches, mixtes ou autres.

5)    Le poids des personnes âgées. Les Britanniques se voient bien plus vieux qu'ils ne le sont réellement. Pour les sondés, les plus de 65 ans constitueraient 60% de la population totale. Mais les seniors ne représentent, en réalité… que 16% de la population.

La confiance règne…

Selon Hetan Shah, directeur exécutif de la Royal Society, cette étude souligne la perte de confiance entre les citoyens, les médias et les politiciens.

Les politiciens doivent parler de l’état réel du pays au lieu de manipuler les chiffres. Quant au médias, leur rôle est d'apporter un éclairage sur les problèmes et non pas de se servir des statistiques pour faire du sensationnel. Nous devrions également améliorer l'enseignement de la lecture des statistiques dans les écoles pour que les gens comprennent mieux comment utiliser ce type de preuve",

déclare-t-il dans The Independent.

Autre signe de la défiance des citoyens: la multiplication des sites de fact checking. De nombreux pure-players comme Full Fact veillent quotidiennement aux propos tenus par les journalistes et les politiciens.

Un mal européen

Récemment, l'ONG Transparency international publiait son baromètre de la corruption dans le monde avec une mappemonde interactive.

L'étude montre que 66% des Anglais pensent que les politiciens sont corrompus et 69% des sondés estiment que les médias le sont aussi.

La Grande-Bretagne ne fait pas figure d'exception en Europe. Toujours selon Transparency international, les Français, eux aussi, ne croient plus en leurs politiciens. 73% des sondés les soupçonnent de corruption. Dans ce domaine, l'Italie atteint les 89% de méfiance vis-à-vis des politiques, légèrement en dessous de la Russie (77%).

Même chose pour les médias avec 54% de défiance en France et en Allemagne. Seuls les pays nordiques maintiennent un niveau de méfiance relativement faible: 39% en Norvège, 35% en Finlande et 30% au Danemark.




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