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L’Europe en panne de cohésion sociale

mardi, 16 juillet, 2013 - 13:12

Une étude allemande confirme que la cohésion sociale est plus forte dans les pays scandinaves que dans les pays du sud de l'Europe, plus individualistes. Un danger pour la démocratie dans les pays touchés par la crise.

Le Danemark, la Norvège et la Suède sont les trois pays d'Europe où le degré de cohésion sociale est le plus fort. Les pays scandinaves tiennent, une fois de plus, le haut du pavé, alors que les pays du sud de l'Europe affichent une moindre cohésion. Ce manque de solidarité accentue les conséquences sociales de la crise en Grèce, Portugal, Espagne et Italie, Roumanie, notamment.

Le vivre-ensemble ne fonctionne plus

Selon la fondation Bertelsmann, auteur de cette étude, la cohésion sociale correspond au degré de "qualité du vivre-ensemble". Les sociétés ayant une forte cohésion sont caractérisées par "des relations sociales résistantes, un attachement émotionnel à autrui et un sens de la communauté prononcé." Par ailleurs, cette cohésion est également la condition indispensable pour garantir la pérénnité de la démocratie.

En Allemagne, selon un sondage réalisé en 2011, 74% des personnes interrogées considéraient que leur société se délitait de plus en plus. Plus de la moitié estimait que "la cohésion en Allemagne est en danger". Des considérations largement partagées en Europe et ailleurs.

Pour Stephan Vopel, de la fondation Bertelsmann, cette impression que l'individualisme gagne du terrain s'explique par 

l'idée que le commerce international et la mondialisation contribuent à individualiser les sociétés est largement répandue".

Entraide et solidarité en déclin en France

La France ne se trouve que dans la moyenne des pays étudiés. Malgré son système social redistributif, donc de justice sociale, ses habitants s'avèrent, en fait, très individualistes. Depuis 2008, la France arrive notamment derrière le Royaume-Uni, l'Allemagne, et bien loin derrière les pays scandinaves. Plusieurs critères expliquent la mauvaise note de la France: "l'acceptation de la diversité des cultures dans la société", d'où le recul de la notion "d'entraide et de solidarité", ainsi que "l'identification à la communauté" et "la perception face à la notion d'égalité" font défaut.

Alors que les Espagnols doutent, eux, avant tout de la reconnaissance des règles sociales, les Irlandais n'accordent pas leur confiance aux institutions de leurs pays. Enfin, les Luxembourgeois, pourtant bien classés, disent ne pas faire confiance à leur prochain.

La plupart des pays d'Europe sont classés derrière les États-Unis, société pourtant considérée comme championne de l'individualisme par une majorité d'Européens. La progression de l'Allemagne au sein du classement est interprétée par les chercheurs comme le résultat d'une stabilité politique et économique. Deux éléments qui soudent la société en période de crise.

L'immigration renforce la cohésion sociale

Selon la fondation, l'immigration serait pour la majorité des personnes une cause majeure du délitement de la cohésion nationale. On la dit clivante, prompte à diviser la société et à encourager le communautarisme. C'est notamment vérifié en Allemagne où l'immigration est perçue comme un risque, selon l'étude.

Or, les chiffres montrent au contraire que la diversité ethnique renforce légèrement la cohésion. Tout comme la mondialisation, c'est en fait un facteur qui joue peu. Ainsi le Luxembourg qui accueille en proportion la population immigrée la plus nombreuse en Europe reste un pays où la cohésion sociale est élevée.

A l'inverse, la religion est, selon l'étude, un facteur essentiel de la cohésion sociale. Pour beaucoup, elle permet d'installer un socle culturel solide qui fait ciment au sein de la société. Là encore, l'étude contredit l'opinion et montre qu'il y a peu de lien entre les deux éléments. Preuve en est le degré de cohésion sociale assez faible dans la très catholique Pologne.

En vérité, selon l'étude, les trois grands critères déterminant le degré de cohésion sont :

  • le bien-être général de la population,
  • une répartition équilibrée des revenus, 
  • le dévelopement d'une société de la connaissance et des nouvelles technologie.

Cela explique que les Etats les plus solides économiquement s'en sortent mieux que les pays durement touchés par la crise.




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