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Cameron fait un énorme cadeau fiscal au gaz de schiste

vendredi, 19 juillet, 2013 - 11:01

Créer le régime fiscal "le plus généreux du monde" pour les compagnies de gaz de schiste: c'est l'objectif affiché du ministre des finances britannique, bras droit privilégié de Cameron. L'annonce provoque la colère des écologistes.

Relancer la révolution du gaz de schiste: George Osborne, ministre des finances britanniques, a récemment annoncé des allègements fiscaux au bénéfice de l'industrie de la fracturation hydraulique.

Il propose une imposition réduite à 30% pour ces nouveaux extracteurs. Un véritable cadeau fiscal, comparé au taux de 62% auquel sont soumises les exploitations pétrolières récentes en mer du Nord, et à celui de 81% pour les champs en mer (offshore) plus anciens.

Ce nouveau régime devrait être inclus dans la loi de finance 2014. Une injustice aux yeux de nombreux citoyens, sommés de se serrer la ceinture en période d'austérité budgétaire.

Le gaz de schiste est une ressource avec un énorme potentiel pour élargir le mix énergétique du Royaume-Uni",

revendique pour sa part le conservateur George Osborne, affirmant sa volonté de faire de la Grande-Bretagne "un leader de la révolution du gaz de schiste". Ses arguments? La création de "milliers d'emplois" et des prix de l'énergie raisonnables pour des "millions de personnes".

L'annonce n'est pas une surprise: le ministre des finances avait déjà annoncé fin 2012 son projet de mettre en place des exemptions fiscales pour cette industrie. Un volontarisme pro-gaz de schiste qui s'inscrit dans la politique énergéitique du gouvernement CameronLes révélations concernant l'importance des gisements de gaz dont bénéficie le pays n'y sont bien sûr pas étrangères. Ni la manne financière de recettes fiscales, même allégées, que permettrait d'engendrer par cette exploitation.

Le gaz de schiste représente une nouvelle ressource énergétique potentielle prometteuse pour le Royaume-Uni, qui peut contribuer significativement à notre sécurité énergétique en réduisant notre dépendance vis-à-vis du gaz importé",

expliquait, en décembre dernier, à l'occasion de la reprise de forages exploratoires, le ministre en charge de l'énergie et du changement climatique, Edward Davey.

Rappelons cependant que la Grande-Bretagne n'a pas encore produit de gaz de schiste: elle en reste pour l'heure à la phase exploratoire. 

Les écologistes en ordre de bataille
 

Ce n'est pas la première fois que George Osborne provoque la colère et l'inquiétude des associations écologistes. Elles craignent notamment la nocivité des produits chimiques utilisés dans la fracturation et l'augmentation de la production de carbone, peu favorable aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre. La décision du ministre est perçue comme une provocation de plus.

Au cours des derniers mois, Green Peace a multiplié les mises en garde contre la politique énergétique défendue par George Osborne, répondant outre-Manche au titre de 'Chancelier de l'Echiquier'.

Le Chancelier dit à qui veut l'entendre que le gaz de schiste britannique a tout pour permettre un miracle économique, mais la taxe qu'il a donnée à sa chère industrie a un seul but: rassurer les producteurs quant aux profits qu'ils pourront tirer de la fracturation",

dénonce Lawrence Carter, un militant de l'ONG. Il met aussi à bas l'un des arguments du gouvernement:

l'une des sociétés bénéficiaires de cet allégement fiscal, Cuadrilla, a avoué qu'elle ne réduira pas le prix de l'énergie pour les consommateurs".

Les critiques dépassent le cercle des écologistes. Le député conservateur Peter Lilley a ainsi mis en doute la pertinence de ce favoritisme fiscal du gouvernement :

Je pense que les allégements fiscaux sont inutiles pour la fracturation, qui devrait dégager d'importants profits"

a t-il précisé.

Plus largement, le Comité sur le changement climatique, chargé de conseiller le gouvernement, soulignait dans un rapport que le gaz de schiste n'était pas une solution à long terme: au contraire, la facture énergétique pourrait s'alourdir pour les ménages si le pays dépendait trop du gaz au détriment des énergies renouvelables et du nucléaire.

Les citoyens britanniques ne sont pas dupes. Selon un sondage de l'Université de Cardiff, 79% des 2.500 personnes interrogées en août 2012 étaient contre la dépendance aux combustibles fossiles. Nul doute que ce bonus accordé aux exploitants du gaz de schiste ne les laisse pas indifférents.




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