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Mohamed sur la liste noire de Coca-Cola

vendredi, 19 juillet, 2013 - 12:54

Le site allemand de Coca-Cola invite les internautes à noter leurs prénoms et messages sur une bouteille virtuelle. Mais attention, tout n'est pas permis. La marque américaine a publié une liste noire. Impossible, par exemple, de boire un Coca-Cola avec "Mohamed".

"Partager un Coca-Cola avec". Depuis quelques mois déjà, les Français ont pu découvrir les nouvelles bouteilles de la marque de soda mondialement connue. Non content de boire le breuvage, on peut désormais trinquer "en famille", avec "un ami", ou même avec un de nos proches dont le prénom apparait sur la cannette. Vous ne trouvez pas le vôtre? Pas de panique, il est possible de commander une bouteille estampillée selon vos désirs, voire de l'envoyer à un ami. Une sorte de cadeau personnalisé. 

Or, en Allemagne, où la campagne marketing se décline sur le même modèle, Coca-Cola va plus loin. Le site allemand propose aux internautes de taper eux-mêmes leurs messages sur une étiquette virtuelle et de poster le tout sur les réseaux sociaux. Une invitation qui, on s'en doute, incite certains petits malins à faire des blagues de mauvais goût. Coca cola n'est pas dupe. 

Coca-Cola contre le mauvais goût

La marque américaine veut véhiculer une image dynamique et enjouée. Si l'on parcourt les nombreux slogans qui ont fait son succès, on retrouve par exemple: "le vrai signe de l'amitié" ou encore "là où il y a du Coca-Cola, il y a de l'hospitalité". Tout un programme qui met l'accent sur le partage et la bonne humeur.

La nouvelle campagne ne fait pas exception. Le géant américain se veut dans le coup et tente de séduire un public adolescent. Pas question, donc, de laisser de mauvaises blagues ruiner tous ses efforts. Le Süddeutsche Zeitung révèle que la marque américaine a déjà pris ses précautions. Le site prévoit en effet une liste noire des mots tabous qu'il n'est pas possible de partager sur la toile en les associant à la marque.

Drogues, sexe et… concurrents

Sans surprise, on retrouve dans cette longue énumération la plupart des insultes, de la plus banale à la plus originale. Ainsi le site prohibe des mots comme: "idiot"," con","crétin" ou "tronche de singe". La plupart des insultes anglaises sont également interdites. La parade va jusqu'à bloquer des mots français et espagnols: "cojones" n'est pas admis! Une façon de se protéger un maximum dans un souci d'exhaustivité.

La liste noire interdit également de boire un coca avec les dictateurs de l'Histoire, de "Mussolini" en passant par "Pinochet" et "Staline"Le site filtre bien sûr toute allusion sexuelle. Les termes homophobes sont également proscrits. 

Même censure pour la plupart des maladies, de "l'anorexie" au  "cancer du sein" en passant par "l'ostéoporose" et la "diphtérie". Halte aussi à la "cellulite", au "diabète" et aux "calories" qui risqueraient, on le comprend, de nuire à l'image de marque.

Moins insultant mais tout aussi tabou, Coca cola a aussi fait en sorte de bloquer toute allusion à d'autres boissons. Interdiction de boire un coca avec "Pepsi"," Fritz-cola" et tout autre soda concurrent. On retrouve aussi dans la liste "Havanaclub", "sangria" et "Redbull".

Pas de Coca pour Mohamed

La marque américaine évite également de diviser sur les questions religieuses. Dans un souci presque laïc, il est donc impossible de trinquer avec un "juif", un "musulman" avec "le pape", "jésus" et "buddha". Plus dérangeant, vous ne partagerez pas non plus de coca avec "Mohamed"! En cause, la connotation religieuse du prénom.

A vouloir être le plus exhaustif possible, le filtre du site conduit à des dérives. Le géant américain se trouve pris à son propre piège. A vouloir jouer la carte des réseaux sociaux, Coca-Cola risque d'y perdre des bulles. Selon la journaliste allemande, la liste s'actualise sans cesse. Une seule question demeure: jusqu'où ira la censure? En interdisant un prénom communément répandu, la marque franchit une nouvelle limite. Au train où vont les choses, votre prénom pourrait bientôt faire partie des indésirables.

Repéré sur le Süddeutsche Zeitung




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