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« Operation Last Chance II »: pas de répit pour les nazis

lundi, 22 juillet, 2013 - 11:30

"Il est tard, mais pas encore trop tard!": le centre Simon Wiesenthal lance demain la vaste opération "Dernière chance II" en Allemagne. Sa mission? Traquer les derniers criminels nazis encore en vie pour enfin les juger.

Soixante-huit ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est plus que jamais temps de trouver les anciens criminels nazis et de les juger. Pour Efraim Zuroff, le directeur du centre Simon Wiesenthal, l'ultime chasse aux criminels de guerre ne doit pas lésiner sur les moyens. Pour toute information valable, les délateurs toucheront une récompense pouvant aller jusqu'à 25.000 euros.

2.000 affiches placardées

Le centre Simon Wiesenthal est une ONG créée en 1977 aux États-Unis. Elle lutte aujourd'hui contre l'antisémitisme, le terrorisme et les génocides. L'un de ses objectifs principaux est de préserver la mémoire de l'Holocauste pour éviter que cette barbarie de l'Histoire ne tombe dans l'oubli. C'est dans cette optique que la campagne "Operation Last Chance II" sera lancée demain.

L'initiative sera menée dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Autriche, en Pologne, en Roumanie, en Hongrie, en Croatie et dans les trois pays Baltes. Selon les estimations, il resterait environ 120 nazis ayant échappé à la justice, explique le quotidien WAZ. Au regard de l'amélioration des conditions de vie, environ 60 d'entre eux sont en bonne santé et donc en mesure d'être jugés.

"La plupart se trouvent en Allemagne", affirme Zuroff. C'est donc outre-Rhin que le gros du dispositif s'organise. Dans plusieurs grandes villes dont Berlin, Cologne et Hambourg seront déployées la bagatelle de 2.000 affiches.

Sur celles-ci: en noir et blanc, l'entrée principale du Camp de la mort Auschwitz-Birkenau. En guise de titre: "Il est tard, mais il est n'est pas encore trop tard". Sous l'image, le texte suivant: "Des millions d'innocents ont été assassinés par les criminels de guerre nazis. Certains coupables sont libres et encore en vie! Aidez-nous à les amener devant le juge." Ce sont sur ces affiches que les Allemands poseront les yeux dès demain. La dernière chasse aux nazis pourra commencer.

"Il existe une justice pour les victimes de l'Holocauste"

Une question demeure: cette ultime chasse à l'homme est-elle encore nécessaire? Selon les données récoltées, Efraim Zuroff estime que le plus vieux des dirigeants nazis devrait avoir aujourd'hui 90 ans. Juger un homme auquel il ne reste que quelques années, voire quelques mois à vivre, pourrait sembler dérisoire. Le directeur du centre, lui-même, avoue avoir ressenti de la pitié lorsqu'un vieillard tremblant est un jour entré au tribunal, raconte-t-il au quotidien allemand Die Welt. "C'est un syndrome de sympathie qui n'a pas lieu d'être", affirme-t-il cependant.

On doit ignorer de tels sentiments car ces gens là n'ont jamais ressenti la moindre pitié. Il est capital qu'ils paient pour leurs crimes."

C'est l'affaire Iwan Demjanjuk qui a poussé l'ONG à lancer l'opération de la dernière chance. En décembre 2011, et ce après de longues années, ce gardien ukrainien du camp nazi de Sobibor avait finalement été jugé pour avoir aidé à exterminer 27.900 juifs. Si Demjanjuk est décédé aujourd'hui, l'aboutissement du jugement a conforté le jusqu'au-boutisme du centre Simon Wiesenthal:

Chaque inculpation rappelle qu'il existe une justice pour les victimes de l'Holocauste" 

soutient Zuroff.

Cette justice est de la responsabilité de tous, plaide-t-il. "Nous recherchons des personnes que nous ne connaissons pas encore", explique le directeur du centre. Il n'existe pas de liste avec leurs noms. D'où, explique-t-il, la nécessité pour tout un chacun de participer activement. Si Zuroff est confiant, c'est qu'une "Opération de la dernière chance" avait déjà été lancée en 2002, avec succès. A l'époque, 5.000 personnes s'étaient manifestées auprès du centre, 655 individus soupçonnés avaient été repérés et pour 8 cas, des mesures pénales avaient été prises.

Zuroff espère autant de cette nouvelle opération.

Ce n'est pas une obsession, c'est une mission."




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