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A Genève, les Nations unies essorent les stagiaires

mardi, 23 juillet, 2013 - 14:35

Revue du Web A Genève, les organisations internationales puisent sans limite dans une main d’œuvre vraiment pas chère: les stagiaires. Le quotidien Le Temps détaille dans un article à charge la précarisation de ces jeunes diplômés.

Défendre les droits de l’homme et se contrefiche du droit du travail, l’un n’empêche donc pas l’autre. A Genève, siège de nombreuses organisations internationales, la liste des dévoreurs de stagiaires non-rémunérés laisse en effet songeur: du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) à l’Office des Nations unies à Genève (UNOG), en passant par le… Bureau international du travail (BIT), la "Genève internationale" déploie peu de scrupules quant aux ressources humaines. Et les ONG, dans leur grande majorité, s’adonnent au même sport, note Le Temps dans son long article à charge.

Stages peu formateurs

Résultat, le système onusien consomme une "main-d’œuvre bon marché, voire gratuite", souligne le quotidien suisse. Second écueil, outre l’absence de salaire, pour les jeunes étudiants en quête d’expérience, "beaucoup constatent que les tâches ne correspondent pas à leurs études ou que la valeur formative laisse à désirer".

Et l’article de raconter comment des stagiaires du HCR sont réduits à des tâches de manutention: "transporter des plantes, installer des panneaux pour une exposition ou distribuer des souvenirs". Autre mission fréquemment confiée, des tâches purement administratives, souvent assez éloignée des attentes des étudiants.

Excédés, des stagiaires ont décidé de lever le voile sur leur propre condition. L’Association de stagiaires de Genève (GIA) a ainsi mené l’enquête, interrogeant plus de 150 de leurs compères en stage dans les agences des Nations unies. Premier constat, les stagiaires n’en sont souvent pas à leur coup d’essai: un quart d’entre eux en sont "au moins à leur troisième stage" et près de la moitié "possèdent déjà au moins une année d’expérience professionnelle". De quoi déjouer l’argument du manque d’expérience pour justifier l’absence de rémunération.

La faute aux États membres!

L’obtention d’un diplôme ne garantit pas plus la gratification. "61% des stagiaires titulaires d’un master ou d’un doctorat ne reçoivent aucun défraiement". Certains jeunes tirent particulièrement le diable par la queue, car la famille ne prend pas le relais financièrement: ils sont un sur cinq à se passer d’un pécule familial.

Un système qui alimente donc la précarisation des jeunes diplômés. D’autant que Genève où le coût de la vie est très élevé. Eason, étudiant chinois en stage dans "la filiale d’une grande organisation internationale" n’a pas le choix: "il se rend à tous les événements où l’on peut trouver de la nourriture gratuite".

Quant au nombre de ces petites mains oeuvrant gracieusement pour les organisations internationales genevoises, difficile de savoir, note Le Temps. "L’Office des Nations unies à Genève (UNOG) finit par lâcher le nombre d’une centaine de stagiaires par année". Mais c’est sans compter toutes les autres agences onusiennes.

Pour se défendre, l’UNOG argue, pour se dédouaner, que ce sont les Etats membres qui décident des budgets et que ces derniers n’en prévoient pas pour les stages.


Repéré sur Le Temps : "Les stagiaires, carburant occulte de la Genève internationale"




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