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Le conducteur du train avant la catastrophe: « je suis à 190 km/h! »

jeudi, 25 juillet, 2013 - 11:10

Revue de presse La presse européenne s'épanche abondamment sur le déraillement du train à grande vitesse qui a coûté la vie, mercredi soir, à au moins 78 personnes en Espagne. En Espagne, les médias sont unanimes: le train roulait beaucoup trop vite. (+VIDEO)

"Coup de tonnerre", "tremblement de terre". La presse européenne multiplie les superlatifs à propos de la catastrophe ferroviaire, hier soir à Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne. Des témoins livrent ça et là d'abord la bande son du déraillement du train à grande vitesse, puis les scènes de chaos. L'accident a fait au moins 78 victimes.

A quelle vitesse roulait le train?

Le Parisien, seul quotidien français à publier l'information dans son édition papier de ce matin, cite ainsi la sidération du président de la région de Galice, Alberto Nuñez Feijoo, face à une situation "dantesque": "il y a un wagon déchiqueté", "les cadavres sont sur les voies".

Vers 13h, c'est la saisissante vidéo de l'accident, captée par une caméra de surveillance, que les sites d'information commencent à mettre en ligne, comme El Mundo.


L'accident filmé par une caméra de surveillance.

Si pour l'heure la majorité de la presse européenne décrit la catastrophe et les opérations de sauvetage, la presse espagnole, elle,  s'interroge depuis ce matin sur sa cause. En Une: la vitesse. A chacun son chiffre. "Grande vitesse mortelle", titre El Mundo, qui avance une vitesse de 220 km/heure pour le train engagé dans un virage limité à 80 km/heure. "Le conducteur: je suis à 190!", titre sur son site Internet l'autre grand quotidien national espagnol, El Pais, citant l'enregistrement radio au moment des faits. "Le conducteur reconnaît qu'il roulait à 190 km/heure", l'imite le quotidien catalan la Vanguardia.

C'est bien vers le conducteur du train, sorti indemne, que vont désormais se tourner l'attention et les questions ces prochaines heures. La presse le décrit, hagard, après l'accident, répétant "C'est humain, c'est humain.." sur les décombres de la catastrophe.

La Renfe mise à l'épreuve

La vitesse comme première hypothèse, donc. Et le tracé de la voie peut-être. "Le virage en question intervient après 80 kilomètres de ligne droite", relate La Libre Belgique:

En un rien de temps, les trains empruntant ce tronçon doivent passer de 200 à 80 km/h".

Pour l'heure, seul "el teloc", la boîte noire du train toujours introuvable, permettra aux enquêteurs d'en savoir d'avantage sur les raisons de l'accident.

La Renfe, la SNCF espagnole, devra elle aussi s'expliquer. La compagnie ferroviaire est déjà sous le feu des critiques, note le journal britannique The Guardian, pour avoir été "incapable de produire un communiqué de presse avant trois heures après l'accident, pour seulement le signaler comme un déraillement, sans indication de sa gravité".

Communication défaillante donc, mais bonne réputation: la BBC et son correspondant en Espagne rappellent de leur côté que "l'Espagne a de relativement bonnes performances en termes de sécurité ferroviaire" et que "le pays a investi des sommes monumentales dans son réseau ferré".

"Une immense vague de solidarité"

Communication défaillante toujours, avec la bourde du premier ministre Mariano Rajoy, relayée par El Mundo: son message de condoléance aux victimes de l'accident, émis dans la nuit, comportait une partie de… copié-collé. Le paragraphe final est en effet le même que celui adressé aux victimes du tremblement de terre de Gansu, en Chine, il y a seulement deux jours.

Note d'optimisme pour conclure, celle relayée par le site de La Informacion: des queues interminables de volontaires pour donner leur sang, répondant à l'appel des autorités sanitaires, submergées par la centaine de blessés lors de l'accident. "Une immense vague de solidarité", au point que les dispensaires, dépassés, doivent refuser des donneurs.

Dans la queue, note La Informacion, beaucoup de participants aux festivités de la Saint Jacques. La fête a de toute façon été annulée, alors ils ont décidé de venir aider.




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