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Rencontre avec la « tweet star » de la police espagnole

mercredi, 26 juin, 2013 - 12:21

BEST OF DE L'ÉTÉ @policia: attention, vous êtes suivis! Près de 525.000 personnes sont abonnées au fil Twitter de la police espagnole. Myeurop a rencontré l'homme qui alimente cette popularité: Carlos Fernández Guerra dévoile son itinéraire de 'tweet-star' au service de l'uniforme.

[Article initialement publié le 26 juin 2013]

C’est l’un des comptes Twitter les plus populaires en Espagne: près de 525.000 'followers'. Un chanteur à succès? Négatif. Un footballeur, peut-être? Non plus. Ce compte qui déchaîne les passions n’est autre que celui de la police. La police nationale espagnole (@policia) est même le deuxième établissement de sécurité au monde ayant le plus de followers sur Twitter, juste après le FBI. Son responsable, Carlos Fernández Guerra, dévoile ses secrets.

Pirates ou policiers?

Lors de la nuit des Oscars, les 'followers' du compte Twitter de la police nationale en Espagne (@policia) ont vu ce message sur leur 'timeline' : “Ce soir, nous voulons rendre hommage au cinéma en publiant des photos de beaux policiers de divers films”… Certains ont d’abord cru qu’il s’agissait d’un faux, et que le compte de la police avait été piraté. Pas du tout: les auteurs étaient bien les policiers.

Depuis la création de son compte Twitter, en 2009, la police espagnole a démontré qu'il était possible, par ce biais, de donner des infos, prévenir et demander de l’aide aux citoyens aussi bien que de montrer son sens de l’humour… De quoi convaincre, donc, un demi-million de 'followers'. 

Un féru de communication au sein de la police nationale

Qui trouve-t-on derrière la gestion du compte? En tout, 8 personnes dirigées par un pro de la communication, Carlos Fernández Guerra. Un cas à part dans l'équipe: il n'est pas policier. Carlos a débuté dans le journalisme économique, puis s'est frotté à la communication d’entreprise. Il a commencé à travailler pour la police nationale en 2007, pour une campagne concernant la carte d’identité électronique.

Mon chef m’a demandé en 2007 de créer une chaîne de communication sur Youtube: c'était très innovant, à ce moment là il n’y avait rien de similaire en Espagne et très peu dans le monde. En 2008, j’ai lancé le profil de la police sur Facebook, et en mars 2009, on a commencé avec @policia sur Twitter. Je travaillais seul et j’ai eu totale liberté (je l’ai toujours), en partie parce qu’à cette époque on connaissait à peine les réseaux sociaux et l’utilité qu’ils pouvaient avoir pour la police."

Carlos ajoute que son patron a commencé à s'intéresser de plus près au fil @policia quand les partis politiques, le gouvernement et les médias, sont devenus 'followers'. Aujourd’hui, il travaille en équipe: “ils sont tous policiers, diplômés d'études supérieures, maîtrises en communication, droit, sociologie, psychologie, politique… et surtout, ils ont travaillé comme policiers, au contact de la rue”.

Portrait de Carlos Fernández Guerra, star des tweets de la police espagnole

Ses relations avec la hiérarchie sont au beau fixe:

Je suis en contact permanent avec mon chef direct, le directeur de la communication de la police, qui me demande d’être rigoureux. Le directeur général de la police, Ignacio Cosidó, nous a beaucoup soutenu. Il était internaute avant d’arriver dans la police, et un vrai usager des réseaux avec un blog et un compte Twitter".

Au travail de 8h30 à 1h du matin

La polyvalence est indispensable: "pour rédiger certains messages, j'apprends l’argot du groupe concerné… Souvent nos tweets font référence à l’actualité: le football, les fêtes". Ses journées commencent tôt, vers 8h30 du matin, et s'éternisent souvent jusqu'à 1h du matin. Mais Carlos voit surtout le bon côté:

Je suis aidé et j’essaie de superviser le reste de l’équipe. Il y a des moments émouvants, par exemple quand nous voyons l’implication des internautes sur des sujets tels que la pornographie enfantine, la recherche de suspects ou de personnes portées disparues".

Plus de 11.500 messages ont été reçus à propos de trafic de drogue, qui ont mené à plus de 300 arrestations. "Chaque jour, on reçoit des gestes affectueux… quelques-uns nous invitent même à boire un verre!". Et quand on lui demande le conseil qu'il pourrait donner à un chargé de communication en entreprise, Carlos répond, rigolard: "m'embaucher!".




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