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En Grande-Bretagne, l’art se met au vert

mardi, 27 août, 2013 - 13:12

Revue du web De plus en plus d'artistes et de créatifs quittent Londres et migrent vers la campagne. Au delà du coût de la vie, ce retour à la terre répond à une ruralité redevenue inspirante, explique le quotidien The Guardian.

Quand l'art britannique a le blues, il s'en va prendre l'air. Lassés, fatigués, financièrement étranglés, de plus en plus d'artistes en Grande Bretagne fuient la jungle des villes pour s'installer à la campagne.

"Ici, si je suis fauché, je peux regarder les montagnes"

Il y a d'abord la pression économique. L'est londonien, cœur artistique du pays, est devenu inabordable. La hausse continue des loyers, dopée en 2012 par les Jeux Olympiques, la gentrification, la même qui sévit à Paris ou Berlin, chassent les artistes sans le sou. Les artistes visuels sont ceux qui peinent le plus à trouver des espaces de création. Résultat, un nouvel exil urbain jette nombre d'entre eux sur les côtes du Kent ou ailleurs dans les terres, témoigne le Guardian.

La mise au vert est donc financière. Et puis, pour ces néo-ruraux, mieux vaut être à la dèche à la campagne plutôt qu'à la ville. "Au moins ici, si je suis fauché, je peux regarder les montagnes", dit ainsi Bedwyr Williams, représentant du Pays de Galle à la Biennale de Venise cette année.

La ville," impasse culturelle" ?

Mais ce retour en force de la ruralité va plus loin, puisqu'il imprègne de plus en plus la création elle-même. S'inspirer de la ruralité est en vogue, souligne le Guardian, qui en veut pour preuve l'ascension du new nature writing, un genre littéraire mêlant autobiographie, délicates pensées et observation fine de la nature.

La perception artistique du monde rural connait d'ailleurs un renouveau. Finie la douce nostalgie pastorale, l'idéalisation laisse place à davantage de réalisme, où pauvreté et chômage ont droit de cité.

Est-ce à dire que la ville est has been? "C'est un peu une impasse culturelle", ose la directrice d'une compagnie de théatre, implantée dans une ferme "au milieu de nulle part". L'urbain serait devenu une matière trop "prévisible".

Loin des villes, l'artiste rencontre un autre public. "Certains pensaient que le public rural n'est pas assez sophistiqué", poursuit-elle. "En réalité, nos publics sont aussi avides d'œuvres contemporaines que n'importe qui".




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