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Les Britanniques champions des drogues légales

jeudi, 5 septembre, 2013 - 13:04

La crise économique a favorisé la montée de la consommation des drogues légales au Royaume-Uni. Le nombre de décès a doublé en un an. Les dépendances à l’héroïne, coke et ecstasy sont également en augmentation.

Dix-sept ans après le célèbre film Trainspotting, mettant en scène de jeunes Ecossais adeptes de toutes les drogues possibles, le Royaume-Uni est devenu le "champion européen des addictions". C’est en tout cas l’affirmation du Centre pour la justice sociale, un institut créé en 2004 par l’actuel ministre du travail et de la retraite Iain Duncan-Smith, juste après son départ de la direction du parti conservateur.

La principale inquiétude des rédacteurs du rapport concerne les drogues légales. Des substances, classées comme sel de bain, produits chimiques destinés à la recherche ou produits alimentaires pour animaux, sont vendues à bas prix sur Internet avec la motion "impropre à la consommation humaine" car elles créent des dommages sévères à l’organisme.

Moins cher, mais aussi dangereux

Un Britannique de 15-24 ans sur douze admet néanmoins en avoir consommé, soit l’équivalent de 670.000 personnes, ce qui correspond au plus haut niveau d’Europe. En Angleterre, 6.486 personnes ont reçu des traitements médicaux au cours de l’année 2011-2012 après leur consommation, soit une augmentation de 39% depuis 2005.

Ces drogues ont provoqué la mort de cinquante-deux personnes en Angleterre et au Pays de Galles en 2012 contre vingt-huit l’année précédente.

Le développement de cette consommation de produits légaux tient beaucoup à la crise économique. Les consommateurs se tourneraient vers des drogues moins coûteuses que l’héroïne et la cocaïne.

Multiplication des 'euphorisants légaux'

En 2011, trente-neuf nouvelles drogues ont ainsi été notifiées à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies par Interpol après quarante et une en 2010, portant ainsi à plus cent cinquante le nombre de substances surveillées par le système européen d’alerte précoce.

"L’émergence rapide de nouvelles substances psychoactives non contrôlées, souvent vendues sous l’appellation 'euphorisants légaux' constitue un défi croissant tant en Europe qu’à l’échelle internationale",

estime l’observatoire.

Le Centre pour la justice sociale critique néanmoins l’attitude « bureaucratique et inadéquate » du gouvernement à ce fléau. Si quinze produits ont été interdits temporairement depuis 2010, plus de cent cinquante autres sont apparus sur le marché.

Addictions à vie et mort

Autre produit considéré comme une drogue légale, l’alcool est l’objet d’un vaste débat et la politique gouvernementale en la matière largement condamnée depuis plusieurs mois. Sous la pression des lobbys, le Premier Ministre refuse en effet d’établir un prix minimum de l’alcool faible. Pourtant, le nombre d’admission à l’hôpital pour abus d’alcool a doublé en Angleterre ces dix dernières années.

Le rapport ne se limite pas qu’aux drogues légales. Il critique aussi la stratégie des autorités vis-à-vis de l’addiction à l’héroïne, qui a abouti à laisser 40.000 personnes sous méthadone pendant des années. Ainsi, près d’un tiers des toxicomanes prennent des substituts depuis au moins quatre ans et 4% depuis plus de dix ans !

Le Royaume-Uni possède également le plus haut d’addiction aux opiacés, les substances dérivées de l’opium comme l’héroïne, et le plus grand nombre de personnes consommant des amphétamines, de la cocaïne et de l’ecstasy à vie.
 




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