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Le tourisme, arme anti-crise du sud de l’Europe

lundi, 9 septembre, 2013 - 13:08

Les vacanciers du monde entier participent, plus ou moins consciemment, au sauvetage des économies des pays du sud de l'Europe. L'affluence record cet été au Portugal, en Grèce et en Espagne s'est faite au détriment de l'Egypte et de la Tunisie désertées par les touristes. 

Les printemps arabes qui ont secoué les différents pays d'Afrique du nord ont changé la donne dans le secteur touristique. Désormais, les voyageurs privilégient des villégiatures moins risquées mais tout aussi ensoleillées. La Grèce, le Portugal ou encore l'Espagne deviennent de plus en plus attractifs et font de cette bonne conjoncture un levier contre la crise.

L'Afrique du nord se vide de ses vacanciers

Le tourisme se meurt à petit feu",

titrait au mois d'août der Standard. "Plus personne n'entre ici", se plaint Karim, propriétaire d'un magasin d'activités sportives en Egypte. Depuis la révolution de 2011, la conjoncture est mauvaise. En 2010, le pays avait acceuilli 15 millions de touristes. En 2011, ils n'étaient déjà plus que 10 millions et après une légère reprise en 2012, avec 11,5 millions de visiteurs, 2013 devrait être calamiteux.

Pour remédier au problème, explique le journal allemand, le prix des chambres d'hôtel a été réduit drastiquement. Karim observe en parallèle une baisse de la "qualité des touristes". Les professionnels du tourisme enregistrent une baisse considérable du nombre d'excursions dans le pays.

Même constat en Tunisie, où environ 500.000 personnes sont dépendantes du secteur, qui représentait avant crise 10% du produit intérieur brut. Aujourd'hui, le nombre des réservations a chuté de moitié par rapport aux années qui ont précédé les printemps arabes.

L'Europe du sud attire comme jamais

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La situation critique des pays du Maghreb tend à relancer la demande touristique dans les pays sud-européens. Le secteur touristique, s'il ne redresse pas à lui seul l'économie de la Grèce, a permis au pays de ralentir sa chute. Athènes attendait pas moins de 17 millions de visiteurs cette année, avec des retombées économiques avoisinant les 11,5 millions d'euros. Un record historique, selon le journal en ligne LVZ-Online. D'ici 2019, le tourisme pourrait générer jusqu'à 360.000 nouveaux emplois.

Au Portugal, où le nombre de touristes aurait augmenté de 10%, le secteur serait, là encore, en pleine croissance. Un boom qui représente pour l'économie du pays, une augmentation des recettes de 8,2% au premier semestre, à 3,7 milliards d'euros.

Le Portugal a connu durant les mois écoulés la croissance la plus élevée de ces dernières années",

assure Antonio Pires de Lima, le ministre de l'Economie. Selon Eliderico Viegas, le président de l'Association de l'hôtellerie de l'Algarve (AHETA) qui se livre à l'express, cela cache une autre réalité. "Les prix sont bas et les touristes dépensent moins", explique-t-il.

Sur le sol espagnol, les touristes dépensent plus que jamais ",

note un journaliste allemand du WirtschaftswocheLe pays, plombé par le chômage, n'en demeure pas moins une destination prisée des voyageurs du monde entier. Il attirait en 2012 quelque 58 millions de personnes, une hausse de 2,7% par rapport à l'année précédente. Plus déterminant, il semble que les touristes dépensent toujours plus durant leurs séjours. Les retombées sur l'économie se chiffrent aujourd'hui à 55,6 milliards d'euros.

La France, fausse championne du monde

Contrairement à ce que l'on entend régulièrement, la France n'est pas une terre d'accueil pour les touristes, mais davantage un lieu de passage vers d'autres destinations. Si 83 millions de visiteurs se pressent dans le pays, environ 14% ne font que passer. Ainsi, les retombées économiques liées au secteur sont 20% plus faibles qu'en Espagne alors que ce pays a accueill en 2012 60 millions de touristes, soit 23 millions de moins qu'en France, nous explique Challenges. La faute à des infrastructures touristiques trop peu nombreuses. 

le nombre de chambres d'hôtel à Paris n'a pas bougé depuis 10 ans"

souligne l'hebdomadaire.

Un handicap majeur pour l'industrie touristique française.
 




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