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Elections allemandes: les réseaux sociaux comptent pour du beurre

vendredi, 13 septembre, 2013 - 12:51

Les réseaux sociaux et Internet ne sont pas déterminants pour gagner une élection en Allemagne. Nos voisins restent davantage sensibles aux médias traditionnels: duel TV, affiches, etc. Un constat à prendre en compte pour affiner sa stratégie de communication… tout en évitant les bourdes!

Selon une étude publiée sur Wahllos.de, 61% des Allemands sondés déclarent n'avoir pas utilisé les réseaux sociaux ni internet pour prendre connaissance de l'actualité des candidats aux élections législatives. Le duel TV et les affiches restent des valeurs sûres pour attirer les électeurs. La photographie du candidat Peer Steinbrück faisant un doigt d'honneur aurait donc plus d'impact sur le fil de la campagne que n'importe quel tweet ou "post" facebook.

Le doigt d'honneur de Steinbrück: une stratégie com?

Peer Steinbrück, le principal rival de Merkel fait parler de lui dans tous les médias internationaux. Les journaux papier, les radios, les tweetos: tous commentent le geste du candidat socio-démocrate allemand (SPD). Dans le cadre d'une interview originale, Steinbrück se devait de répondre aux questions en restant muet. A la question de savoir comment il jugeait ses gaffes de communication au cours de la campagne, le candidat du SPD a répondu par un autre "geste com": un doigt d'honneur.

La communication reste particulièrement importante dans une campagne électorale. Avec le développement des nouvelles technologies, les vecteurs évoluent. Aux Etats-Unis, rappelle le quotidien die Welt, Barack Obama avait été, par exemple, le premier à utiliser massivement les réseaux sociaux. Une stratégie qu'il a encore affinée en 2012 en embauchant 2.000 collaborateurs pour travailler exclusivement sur l'image qu'il renvoyait sur la toile. Sur Twitter comme sur Facebook, Obama est suivi par pas moins de 36 millions de personnes!

Les réseaux sociaux boudés par les Allemands

De leur côté, les personnalités politiques allemandes font pâle figure. Si 86% des députés ont un compte sur les réseaux sociaux, les candidats à la chancellerie semblent bouder ce canal pourtant dans l'air du temps. Merkel compte tout de même 359.958 "likes" sur facebook, mais elle n'a jamais jugé nécessaire d'ouvrir un compte twitter. De son côté, la page facebook de Peer Steinbrück compte seulement 49.094 fans et le candidat n'a tweeté que très peu jusqu'à présent.

Selon un récent sondage, cette stratégie de communication "old school" est tout à fait logique outre-Rhin. 5% seulement des personnes interrogées déclarent avoir pris connaissance de l'actualité d'Angela Merkel par les réseaux sociaux, 3% pour Peer Steibrück. Par ailleurs, les personnes utilisant massivement Facebook et Twitter ont entre 18 et 29 ans. Une manne électorale relativement modeste dans une Allemagne vieillissante.

En effet, les retraités sont de leur côté assez peu friands de ces nouveaux vecteurs d'information. Or, titre le Quotidien die Welt:

les retraités ont plus d'influence que jamais dans ces élections".

Les deux principaux partis, le CDU et le SPD, auraient obtenus aux dernières élections législatives pas moins de 40% de leurs voix grâce aux plus de 60 ans.

Les médias traditionnels gardent la cote.

Si les réseaux sociaux ne font pas l'unanimité, la télévision, les journaux et la radio restent les vecteurs d'informations les plus suivis. 70% des sondés indiquent avoir été informés des questions politiques grâce à la télévision, 65% par les journaux et 54% par la radio. Les réseaux sociaux terminent en queue de peloton avec 19%. Preuve du bien fondé de ces résultats, le débat télévisé au début du mois avait réuni, par exemple, 17 millions de téléspectateurs.

Enfin, les réseaux sociaux ne sont pas non plus le média qui permettra aux électeurs indécis de faire leur choix. Selon le sondage, seulement 12% seulement des non-votants ou des indécis s'intéressent davantage à la politique après avoir discuté de ces questions sur le net.

Ainsi, s'il est encore trop tôt pour savoir si le doigt d'honneur de Steinbrück aura un impact négatif sur sa communication, une chose est sûre: l'explication donnée sur les réseaux sociaux sera peu lue. Pour faire mentir les chiffres, Myeurop vous en livre la traduction : "un langage clair n'a pas toujours besoin de mots – Par exemple, quand on nous demande constamment d'enfoncer des portes ouvertes, au lieu d'être interpellé sur des questions vraiment importantes"
 

 

 




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