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Checkpoint Charlie: une énigme à 1 million d’euros

mardi, 17 septembre, 2013 - 13:34

"Vous sortez du secteur américain". Le panneau de Checkpoint Charlie est devenu un véritable symbole de la guerre froide. Aujourd'hui, un New-yorkais déclare détenir l'original qu'il aurait volé en 1990. Et compte bien le vendre à prix d'or.

Coup de théâtre historique au musée du mur de Berlin à Checkpoint Charlie: le célèbre panneau en 4 langues qui séparait les zones soviétique et américaine, exposé depuis des années au grand public, pourrait être un faux. Alan Wolan, un américain de 50 ans, patron d'une agence de publicité, assure avoir volé l'original en 1990 avec l'aide de trois amis. 

Aujourd'hui, il ouvre le garage de sa résidence secondaire de Los Angeles aux journalistes européens et se dit prêt à vendre son trésor.

15 minutes pour voler, 23 ans de silence

A l'époque de la chute du mur, Alan Wolan travaillait déjà dans une agence de publicité. Pourtant, il explique au Süddeutsche Zeitung: "Le 9 novembre 1989, dès que j'ai vu les images de l'Allemagne à la télévision new yorkaise, j'ai décidé d'y aller. C'était clair pour moi que des milliers de touristes feraient le déplacement à Berlin l'année suivante". A peine âgé de 26 ans à l'époque, il démissionne de l'agence et part tenter sa chance en Europe.

Arrivé sur place au début de l'été 1990, il ouvre une petite boutique de souvenirs au pied de Checkpoint Charlie, le point de passage le plus utilisé pour passer de Berlin-Ouest à Berlin-Est. Il y vend des T-shirts de la ville et des morceaux du mur pour les touristes. Pour lui, aucun doute, ce petit commerce est une "mine d'or".

J'avais déménagé dans un petit appartement à Neukölln et ce n'est qu'après de longues recherches que j'ai trouvé ma boutique, à l'angle de la Friedrichstrasse et de la Kochstrasse, juste à côté d'une boulangerie turque à l'abandon",

raconte-t-il au quotidien allemand.

Le vol du panneau, il y a pensé dès son arrivée. Il se souvient d'ailleurs s'être étonné de le voir encore là, immaculé et intact, alors que la chute du mur avait eu lieu des mois auparavant. Ensuite, tout est allé très vite. Il loue une camionnette chez Robben & Wientjes. Le soir du 22 juin 1990, il appelle trois de ses amis, Kirstin, Dörte et Matthias, et le tour est joué. 

Déboulonner le panneau n'a pas pris plus de 15 minutes",

explique-t-il au B.Z.

Un panneau à 1 million d'euros

Aujourd'hui, le propriétaire du panneau propose de vendre 1 million d'euros ce qui pourrait être un témoignage de l'histoire. Mais comment être sûr de son authenticité?

Questionnée sur sa version des faits, l'actuelle directrice du musée où est exposé l'autre panneau assure:

Le panneau nous a été donné par le colonel Alfred Backer, membre de l'administration militaire américaine, quelques mois après la dissolution de Checkpoint Charlie, au mois de juin 1990."

Pour elle il ne fait aucun doute que le musée possède bien le panneau original, et qu'Alan Wolan est un imposteur.

De son côté le voleur avance une preuve troublante. Le panneau exposé dans le musée porte une inscription pour le moins étrange dont la signification n'a jamais été élucidée. En bas à gauche, les touristes peuvent lire le nombre "16". Or, sur les photos d'archive datant de 1989, l'inscription n'existe pas. Sur l'exemplaire d'Anlan Wolan, elle n'y figure pas non plus.

Qui possède l'original? Le mystère reste entier. Une chose est sûre: les prix d'or auxquels s'arrachent les reliques de l'ancienne RDA ont de quoi donner à de petits malins, faussaires ou non, l'envie de ressortir les trésors du passé. Autre certitude: Alan Wolan, à en croire son récit, a toujours eu un sens prononcé pour les affaires…
 




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