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Costa Concordia: une épave en or

mardi, 17 septembre, 2013 - 14:10

Le paquebot tristement célèbre sera remorqué puis démantelé au printemps prochain. Plusieurs ports italiens et étrangers sont déjà sur les rangs pour remporter la juteuse affaire.

Il était quatre heures du matin, ce 17 septembre, lorsque le paquebot Costa Concordia s’est enfin redressé. Les sirènes ont retenti, les cloches de l’église de la petite île du Giglio ont battu à toute volée. Les 400 journalistes venus du monde entier et les habitants munis d’un laissez-passer ont applaudi à tout rompre. Le capitaine Nick Sloan et son équipe, souriants, ont fait le geste de la victoire.

Le "miracle" a eu lieu, six cent jours après le terrible naufrage. Le navire, deux fois plus vaste que le Titanic, a enfin été remis à flot.


Le redressement du Costa-Concordia. Euronewsfr.

Une affaire juteuse

Et maintenant? Les techniciens vont devoir consolider l’épave après avoir évacué les quelque 230.000 mètres cubes d’eau accumulés dans la coque depuis la nuit du drame. Puis ils poseront des caissons, notamment autour du flanc droit du Costa Concordia, rongé par l’eau et endommagé par l’écueil sur lequel le navire s’était échoué. L'objectif est de sécuriser la traversée du paquebot vers le port où il sera démantelé.

Mais quel port? Le choix n'est pas arrêté. Le démantèlement du Costa Concordia est une affaire juteuse, synonyme d’emplois, d’investissements privés, donc de retombées économiques importantes pour le site qui remportera la course.

Les candidats: la Toscane versus Palerme…

De nombreux ports sont déjà en lice. D’abord, celui de Piombino en Toscane déclaré "port grata" par le gouvernement d’unité nationale en avril dernier. Cette option permettrait de relancer un site en difficulté et de donner un gros coup de pouce à une économie locale en pleine déprime. Mais les infrastructures portuaires, obsolètes, posent question.

Le port de Piombino a déjà reçu une enveloppe de 150 millions d’euros. Il devrait draguer ses fonds, construire de nouveaux quais et des hangars, élargir l’embouchure du port et acheter de nouveaux conteneurs. Concurrents du port toscan, les ports de Palerme, Civitavecchia, Naples ou encore Porto Torres en Sardaigne, ne se privent pas de souligner le sérieux handicap que constituent les conditions actuelles du site de Piombino.

A Palerme, les autorités tablent sur la présence du groupe Fincantieri. Le principal employeur du bassin a également construit les caissons utilisés pour remettre le Costa Concordia à flot. Le groupe est spécialiste des navires de croisière, qu’il construit quasiment à la chaîne dans ses chantiers notamment siciliens.

Les autres ports toscans comme Civitavecchia et Livourne ont les mêmes insuffisances que Piombino au niveau des infrastructures. Leurs candidatures ne semblent donc pas peser lourd face à celle de Palerme.

La Sardaigne entre dans la course

Pendant que le monde entier admirait les images du Costa Concordia remis à flot, la Sardaigne faisait officiellement acte de candidature et égrenait les points forts du port de Porto Torres sur Facebook.

Les dimensions de l’embouchure du port sont parfaites, la main d’œuvre disponible est importante en raison du taux de chômage en Sardaigne, et les centaines d’hectares situés derrière le port sont idéaux pour emmagasiner les déchets du Costa Concordia avant de les transformer"

affirmait Beniamino Scarpa, maire de la ville de Sassari qui a autorité sur le port de Porte Torres.

Les atouts de l'étranger

Une autre solution est également envisagée : remorquer et démolir l’épave à Palerme. Après quoi, le "squelette" du paquebot serait transporté dans un autre port méditerranéen (peut-être en Turquie), où les coûts, notamment en termes de main d’œuvre, seraient nettement inférieurs.

Aux dernières nouvelles, le paquebot devrait faire son dernier voyage au printemps prochain. Ce qui laisse le temps au gouvernement de choisir le vainqueur de la course au démantèlement. Et aux ports sur la ligne de départ, de peaufiner leur dossiers pour permettre à leurs sponsors de convaincre le ministre des Transports, pour tenter d'influer sur la décision de l’exécutif.
 




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