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Technologies de l’information: mais où sont les femmes ?

mercredi, 9 octobre, 2013 - 16:55

Les femmes sont trop rares dans le secteur du numérique et des technologies de l'information, s'alarme Bruxelles. Ce manque de parité engendre un manque à gagner pour l'Europe de 9 milliards d'euros par an.

L'Union européenne s'inquiète de la quasi-absence de femmes dans le secteur des industries numériques. Pour la Commission européenne, cette faible présence de la gente féminine dans ces entreprises constitue un manque à gagner de l'ordre d'environ 9 milliards d'euros par an pour le PIB de l'Europe.

                          

Dans un rapport de 300 pages, Bruxelles analyse les conséquences de la domination écrasante des hommes dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC). Un barbarisme désignant, pêle-mêle, l'informatique, Internet et les télécommunications. Et lorsqu'on pense informatique, l'image du geek à lunettes vient à l'esprit, plutôt que la geekette à couettes.

En 2008, Viviane Reding, membre de la Commission européenne et responsable de la société de l'information et des médias s'inquiétait déjà des difficultés de recrutement dans ce secteur allant de pair avec son peu d'attrait pour les femmes:

Il n'est pas admissible que l'Europe manque de personnes qualifiées dans le domaine des TIC. Cette pénurie d'informaticiens et d'ingénieurs en informatique risque, si elle n'est pas résolue, de ralentir la croissance économique européenne et de permettre finalement aux concurrents du continent asiatique de dépasser l'Europe."

Plafond de verre non virtuel

L'UE avait pourtant tiré la sonnette d'alarme dès 2009 en lançant une campagne pour attirer les femmes vers l'économie numérique. Mais rien n'y fait. Les stéréotypes dans ce milieu ont la dent dure. Le monde des TIC est traditionnellement un univers d'homme. S'ajoute le manque flagrant de modèle dans le domaine pour inspirer celles qui voudraient évoluer dans le numérique. Vous obtenez là tous les bons ingrédients nécessaires à la formation d'un plafond de verre.

Les chiffres sont parlants. En Europe, pour 1 000 femmes titulaires d'un diplôme de l’enseignement supérieur, seules 29 en possèdent un dans le domaine des TIC contre 95 pour les hommes. Elles ne seront finalement que 4 à travailler dans le secteur des TIC.

Pourtant, le monde des industries numériques et des télécommunications est un milieu plus que favorable à la gente féminine. Les femmes y gagnent près de 9% de plus que celles occupants des postes comparables dans d'autres secteurs. Elles profitent d'une plus grande souplesse et peuvent aménager leurs temps de travail. Elles sont également moins exposées au chômage puisque selon l'U.E, d'ici 2015, près de 900 000 postes seront disponibles dans ce milieu.

Pour pallier ce manque, l'Union européenne veut :

  • Renouveler l'image des TIC auprès des femmes.
  • Donner plus de responsabilité à celles déjà en place dans le secteur.
  • Augmenter le nombre de dirigeantes dans les TIC.
  • Améliorer les conditions de travail.

L'Europe de l'Est mise sur le numérique

Si le pourcentage des femmes voulant faire carrière dans l'informatique est encore très faible dans toute l'Europe, on peut supposer que les informaticiennes de demain se trouveront à l'Est du continent. Les Bulgares sont au top selon l'OCDE avec 11% de filles se destinant à faire carrière dans les TIC. Elles sont suivies de près par la Lettonie et l'Estonie au coude à coude avec 8%.

La plupart de ces pays bénéficient d'un véritable boom économique avec l'essor du cloud computing, une technologie permettant à de nombreuses sociétés venues de monde entier de stocker leurs données informatiques n'importe où sur la planète. Ce phénomène incite ainsi de plus en plus de personnes, dont des femmes, à s'interesser aux nouvelles technologies.

En Estonie par exemple, près de 94% de la population remplissaient déjà leur feuille d'impôt sur Internet en 2011 révélait RTBF.

                                         

Les pays de l'Ouest comme l'Allemagne, la France ou l'Italie devraient en prendre de la graine. Aucun d'eux ne dépasse les 5% de filles voulant travailler dans le secteur numérique


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