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Espionnage: comment l’Allemagne veut contrer la NSA

mardi, 22 octobre, 2013 - 14:56

Tous sous surveillance? D’après le Monde, la NSA espionne les conversations téléphoniques des Français. Si l’Europe peine à mettre en place un système de protection efficace, l’Allemagne, elle, veut créer un "Internet allemand", prémice d’un "Internet européen". 

Prends garde Barack Obama! François Hollande se fâche. D’après les informations publiées dans le journal Le Monde, les hauts dignitaires européens ne sont pas les seuls à être espionnés. 

Sur une période de trente jours, du 10 décembre 2012 au 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques venues de France ont été enregistrées par la NSA.

La France n’est pas la seule visée. Tous les Européens ne faisant pas partie du cercle très fermé des excellents amis de l’Oncle Sam (c’est-à dire toute l’Europe sauf le Royaume-Uni) bénéficient du même régime.

Face à cette véritable menace pour la vie privée, le président Hollande a immédiatement décroché son téléphone pour demander des comptes à Barack Obama.

On peut lire dans un communiqué mis en ligne sur le site de l’Elysée la colère du Président de la République. Il exprime d’abord sa "profonde réprobation à l'égard de ces pratiques, inacceptables entre alliés et amis car portant atteinte à la vie privée des citoyens français"  et exige que "toutes les explications soient fournies, ainsi que l'ensemble des informations dont pourrait disposer l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden." On en frissonne… La réaction du chef de l’Etat n’a pas manqué de faire réagir les internautes :

Quand l’Europe discute…

De son côté le Parlement européen commence lentement à prendre des mesures. Lundi 21 octobre, jour des révélations du Monde, un rapport de la commission Libertés Civiles menée par Jan Philipp Albrecht, a été adopté. Il prévoit  une nouvelle législation relative à la protection des données personnelles.

Le texte sera ensuite examiné par la Commission européenne puis par le Parlement européen et enfin par le Conseil des ministres des Etats membres, le tout à huis-clos.

En bref, le changement, c’est pas maintenant.

…L’Allemagne attaque

Outre–Rhin, les réactions sont moins pondérées. Les Allemands sont convaincus depuis l'été dernier des mauvaises intentions américaines. Les Etats-Unis, sous couvert de se livrer à une "noble" guerre contre le terrorisme dans le monde, mène en parallèle une grande entreprise d’espionnage industriel et politique pour leur compte.

Si le gouvernement fédéral assure croire à la fable américaine, la Deutsche Telekom, elle, s’y refuse. La plus grande société allemande et européenne de télécommunications souhaite sortir des hubs internationaux pour en créer un, 100% allemand. Ainsi, les mails et autres conversations téléphoniques des clients de Telekom, ne pourraient pas être récupérés par les services d'espionnage américains et britanniques.

Le PDG de Telekom, Thomas Kremer, s’est dit prêt à former un partenariat avec ses confrères du secteur. Vodaphone serait interessée. Une première réunion a déjà eu lieu le 1er octobre, en présence du Ministre de l’Economie assure Die Welt. Nom de code du project: National Routing.

Un Internet européen ?

L’idée de Thomas Kremer va encore plus loin. Pour lui, il faudrait étendre le système et créer un "Internet européen" réservé aux pays membres de l'espace Schengen.

Un projet ambitieux mais cher, très cher. Tout est à faire, du développement d’un système de routage à l’achat de serveurs.

De plus, il serait naïf de croire que les services secrets européens seraient moins curieux que les Britanniques ou les Américains.

Autre problème, le hub mis en place à l’échelle européenne ne bloquera pas l’accès aux sites Internet comme Google ou Yahoo, impliquées dans Prism, le programme de surveillance américain.

Quand aux citoyens européens, seront-ils prêts à renoncer à leur(s) adresse(s) gmail ou yahoo.com pour de nouvelles messageries 100% européennes?

Internet a permis de créer des passerelles entre les pays du monde entier. L'avenir nous dira s'il faudra bientôt établir des frontières virtuelles.




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