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Young Knives : du DIY dans la pop anglaise

lundi, 4 novembre, 2013 - 15:57

Revue du Web Comment produire un album pop pour 14.000 euros? De la récup’, des instruments de seconde main achetés sur eBay et un kit de soudure: pour son nouveau disque, le groupe britannique Young Knives a bricolé. Un artisanat musical fait de Do it yourself et de crowdfunding.

Des objets de récup’, des synthés de seconde main achetés sur eBay et un kit de soudure Maplin : pour son nouvel album, le groupe Young Knives s’est mis au bricolage.

Studios ruineux ? Do it yourself !

Le trio bien connu de la scène pop indépendante britannique -une quarantaine de singles à leur actif- s’était fixé un objectif : s’émanciper économiquement de studios loués à des prix exorbitants, pour leur préférer le home made. Car l’époque où les maisons de disques signaient les yeux fermés avec les groupes pour qu’ils enregistrent dans les meilleurs studios est bien terminée. C’est donc dans un garage de l'Oxfordshire, dans le sud-est de l’Angleterre, que s’est bidouillé "Sick Octave", leur dernier disque.


Credit: Young Knives / Kickstarter

De quoi économiser de la Livre sterling à la pelle: "Sick Octave" n’en aura finalement coûté que 12.000 (soit 14.000€), autant dire une bagatelle. Pour un résultat pas low cost pour un sou :

L’ancien modèle de financement n’est plus viable. Nous avons dépensé 60.000 £ dans l’enregistrement de notre précédent album ("Ornaments From The Silver Arcade", enregistré à Los Angeles, ndlr), et nous n’avons pas gagné 60.000 £ au final. Vous payez 500 £ par jour le studio pour réaliser ensuite que les essais faits chez vous sont bien meilleurs",

explique ainsi à The Independant le chanteur de Young Knives, Henry Dartnall.



La vidéo de présentation du projet sur le site de crowdfunding Kickstarter

De vieux synthés Casio sur eBay

Le groupe a chiné de vieux synthés Casio sur eBay pour 20 £, les équipant ensuite de pédales faites maison pour en manipuler les sons. Une appli iPad gratuite aura fait office de piano sur l’un des morceaux, et de la tôle récupérée dans une ferme du coin, de percussions.

Reste qu’un album à 12.000 £, c’est bien, mais encore faut-il les trouver. Surtout par les temps qui courent, où les artistes gagnent des clopinettes. Là encore les Young Knives, qui sont leur propre label, ont été avisés : le crowdfunding les a financé. Le groupe s’est dégoté 413 mécènes sur le site Kickstarter, dépassant même de 20% leur objectif initial (10.000 £).

Les valeureux internautes, eux, se voient offrir, selon le montant de leur contribution, le nouvel album, "une entrée libre à tous les concerts des Young Knives pour les 2 ans à venir ou jusqu’à ce que le groupe se sépare pour cause de conflit à propos des royalties", et même un rôle dans un des clips de l’album.

"Plus inspirant de le faire soi-même"

Do it yourself, crowdfunding,…  les Young Knives sont décidément au taquet. Et l’expérience leur aura plu. Le DIY dope la créativité, estime ainsi le chanteur Henry Dartnall.

Nous avons fabriqué notre propre synthé à partir d’une méthode 'Comment construire un circuit imprimé' ",

s’enthousiasme celui qui n’a pourtant récolté qu’un C à son GCSE électronique (Certificat général de l'enseignement secondaire). Un bricolage qu’il juge désormais indispensable.

De nos jours, vous devez faire dans l’artisanal. C’est intimidant au début, car l’industrie vous dit que pour un bon son, il faut payer cher un studio. Mais une fois que vous avez quelques micros à 9 £ et des babioles trouvées sur eBay, cela devient beaucoup plus amusant et inspirant de le faire soi-même".


Le titre "Maureen", issu de Sick Octave, le dernier album des Young Knives




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